Rivalité politique à Nice : un climat de tensions croissant
Une rivalité politique intense caractérise le paysage de la Côte d’Azur à l’approche des élections municipales de mars prochain. Le maire sortant Christian Estrosi (Horizons) et le député Éric Ciotti (Union des droites pour la République) se disputent la mairie de Nice, dans les Alpes-Maritimes, alors que des tensions se multiplient entre leurs partisans, rapporte TopTribune.
Les deux hommes politiques, autrefois alliés, sont désormais des adversaires déterminés. En 1988, Éric Ciotti était le collaborateur de Christian Estrosi, mais la collaboration a pris fin lorsque Estrosi a rejoint le camp d’Emmanuel Macron. De son côté, Ciotti est devenu président de LR avant de fonder son propre parti, l’UDR, en collaboration avec le Rassemblement National. « Ils viennent du même parti, du même creuset. Ce sont des frères ennemis, ils ont pris des options différentes au fil des années », souligne la politologue Virginie Martin.
Des accusations mutuelles d’inéligibilité et des coups bas se multiplient pendant la campagne. Récemment, un collaborateur de Ciotti a porté plainte contre Pierre-Paul Leonelli, adjoint d’Estrosi, suite à des menaces de violence. Malgré les appels au « calme et à la sérénité » du préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, la situation reste tendue et les tentatives de rétablir un climat apaisé n’ont pas porté leurs fruits.
Tensions entre les candidats
« C’est devenu ridicule », s’exclame une résidente de Nice, Hélène, en observant le climat de rivalité entre les deux camps. Ses camarades partagent son avis, pointant du doigt la nature personnelle de cette lutte, qui selon eux, est devenue démesurée. « C’est dommage de réduire le débat politique à une embrouille entre deux personnes », déclare William, un jeune engagé dans la campagne d’Estrosi.
Dans le camp de Ciotti, la députée Christelle d’Intorni refuse de se laisser abattre par l’ambiance hostile, mais ne peut ignorer les tensions palpables. Elle décrit une atmosphère dans laquelle des membres du personnel municipal seraient « interdits de saluer » le maire sortant. Son message est clair : il est temps d’en finir avec quatre mandats d’Estrosi. « Les gens ne supportent plus d’être pris pour des imbéciles par Estrosi », accuse-t-elle.
Une campagne en mutation
De son côté, Christian Estrosi affiche sa volonté de rester à l’écart des querelles. Lors d’un événement dédié à la jeunesse, il déclare vouloir mener une campagne « heureuse ». Avec le soutien de son adjoint, Graig Monetti, qui critique l’approche polémique de l’adversaire, il tente de montrer une image positive à l’opinion publique.
Cette rivalité grandissante pourrait avoir des conséquences notables sur le paysage politique de Nice, alors que les électeurs commencent à se poser des questions sur les priorités de leurs candidats. La dynamique de ces élections municipales illustre les fractures au sein de la droite française et pourrait influencer le futur politique de la région.