Saint-Soupplets, une petite commune de Seine-et-Marne, se prépare pour les élections municipales du 15 mars prochain avec une liste du Rassemblement national (RN) conduite par Sébastien Burdeau, un ostéopathe de 25 ans. « J’ai grandi ici, j’ai vu ma ville évoluer… », déclare-t-il, évoquant son souhait de changer les choses localement. Le RN affiche des ambitions élevées, avec 763 listes déposées au niveau national, dont 601 sous ses propres couleurs, dans le but d’étendre sa présence dans diverses communes, rapporte TopTribune.
Le parti espère notamment réaliser de « grandes victoires » dans plusieurs villes majeures telles que Toulon, Nice, Marseille et Nîmes, alors qu’il cherche à solidifier sa présence dans des villes de taille moyenne et dans des localités plus petites. À Saint-Soupplets, le RN a attiré 46,39 % des voix lors des élections européennes de 2024, un chiffre qui dépasse de 15 points sa moyenne nationale.
Jordan Bardella, président du RN, et Aymeric Durox, sénateur du parti, soulignent l’importance de la sécurité comme thème central de la campagne. « Les gens sont inquiets en raison de la délinquance croissante », indique Burdeau. Le RN cherche donc à refléter les préoccupations locales tout en défiant le maire en place depuis 2014.
Le RN mise sur la sécurité
Durox critique le fait que des villages votent massivement pour le RN tout en n’ayant aucun représentant élu : « Ce n’est pas normal », affirme-t-il. Le RN mettra également en avant des listes dans d’autres petites communes, notamment à Bazouges-Cré-sur-Loir et Crèvecœur-le-Grand. Cependant, le RN doit naviguer entre la dynamique nationale et les spécificités locales, qui peuvent parfois réduire son impact.
« Dans les communes de moins de 10 000 habitants, l’enjeu local prime souvent sur les étiquettes nationales », prévient Aleksandar Nikolic, eurodéputé. Malgré ces défis, l’expérience acquise au niveau local se révèle précieuse pour les futurs élus.
Poursuivre la dédiabolisation
La présence dans des communes plus petites est cruciale pour optimiser la « dédiabolisation » du RN. Durox mentionne l’ambition du parti de devenir « un parti d’élus », ce qui aiderait à humaniser l’image du RN au-delà des figures emblématiques telles que Marine et Jordan.
« « L’objectif est de passer d’un parti de masse à un parti d’élus. Quand on a des élus RN dans un village, cela devient palpable. Ce n’est plus seulement Marine et Jordan qu’ils voient à la télé. Ce sont des gens avec qui ils peuvent discuter, le voisin, ou le marchand du coin… Cela nous aide en matière de notabilisation. » »
Cependant, le RN continue à faire face à des controverses concernant certains candidats, forçant le parti à réévaluer certaines investitures. Burdeau a été critiqué pour des propos controversés sur la peine de mort, ce qui l’a poussé à suspendre l’utilisation de son compte X. « Je l’ai mis en pause pour éviter ce genre de polémiques », affirme-t-il.
Les résultats des élections locales sont essentiels pour le RN en vue des sénatoriales de septembre prochain et des élections départementales de 2028. Pourtant, le parti peine à trouver des candidats dans l’ensemble du territoire, avec une absence notable dans huit départements de la métropole et une représentation limitée dans 35 autres.