Municipales 2026 : comment un parc à Vernon aide à prévenir les inondations

Municipales 2026 : comment un parc à Vernon aide à prévenir les inondations

17.02.2026 06:57
3 min de lecture

La Seine à Vernon, dans l’Eure, monte lentement à 4,11 mètres, suite à un début d’année pluvieux et au passage de la tempête Nils, mais reste éloignée des niveaux de crue de 2018. Un parc inondable de trois hectares, ouvert depuis 2021, permet toutefois de réduire les risques d’inondation lorsque le fleuve déborde, rapporte TopTribune.

Ce parc est cité dans le rapport d’Oxfam sur les villes résilientes, publié le 17 février. Aux prochaines élections municipales de 2026, l’ONG présente 24 initiatives exemplaires de communes qui protègent leurs habitants des effets du changement climatique. Parmi celles-ci, on trouve des projets variés comme l’acquisition d’une ferme résistante à la sécheresse à Pons en Charente-Maritime, la végétalisation accélérée à Valence, ou encore des exonérations fiscales favorisant la rénovation thermique à Reims.

Les inondations, premier risque naturel dans l’Hexagone

« Ces initiatives montrent que les collectivités territoriales prennent au sérieux les risques d’inondations et de vagues de chaleur. Le parc de Vernon répond non seulement à des enjeux climatiques, mais améliore également la qualité de vie », a déclaré Robin Ehl, chargé de campagne à Oxfam France. Ce projet a permis l’implantation de terrains sportifs, de zones de pique-nique et d’aires de jeux pour un coût total de 2 millions d’euros.

En France, plus de 17 millions de personnes sont exposées au risque d’inondation, selon le ministère de la Transition écologique. Ce phénomène est considéré comme le premier risque naturel en raison des dommages qu’il cause, affectant 16 000 communes. France Assureurs estime que ce risque pourrait coûter 50 milliards d’euros au secteur de l’assurance entre 2020 et 2050, représentant une hausse de 81 %. À Vernon, « un jardin altéré et humide a été créé pour permettre à la Seine d’étendre ses crues lorsqu’il le faut », a précisé Marie-Christine Ginestière, adjointe au maire chargée du cadre de vie.

Un phénomène qui va augmenter

Le sixième rapport du GIEC, publié en 2022, indique que les inondations liées au ruissellement, aux débordements ou à la submersion sont appelées à augmenter dans les villes françaises, avec, localement, des précipitations plus violentes. « Nous constatons une répartition des pluies de plus en plus inégale, alternant sécheresses et épisodes de pluies intenses, que les sols ne peuvent plus absorber », a souligné un rapport du centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique.

« Au cours des dernières décennies, l’habitat autour de la Seine a beaucoup densifié », a observé Alexandre Le Goff, missionné par la ville de Vernon en 2020 pour accompagner les travaux. Ce parc offre un espace naturel permettant aux eaux de se répandre sans entrave, réduisant ainsi les risques pour les zones en aval.

Un projet de logements finalement abandonné

La mise en place de ce parc n’a cependant pas été sans défis. Après la fermeture de l’ancienne fonderie en 1999, le site est resté en friche. En 2015, l’ancien maire Sébastien Lecornu avait proposé d’y construire des logements et un petit parc urbain. Ce projet ambitieux comprenait plus de 17 000 m² de logements et 1 000 m² d’équipements.

En 2020, la nouvelle municipalité, dirigée par la droite, a abandonné cette option. « Nous avons réalisé que deux contraintes majeures nous forçaient à revoir notre stratégie. La pollution héritée de l’ancienne activité industrielle et les risques d’inondations importants, étant donné la proximité de la Seine », a expliqué Marie-Christine Ginestière.

Ce risque d’inondation limitait également la densité du nouveau quartier, menaçant l’équilibre financier du projet. D’autre part, la municipalité a développé un écoquartier de 600 logements sur un autre site. « Vernon voit sa population croître chaque année, mais nous avons une volonté forte d’aménager nos friches et de reconstruire la ville sur elle-même », a précisé Éric Guérin, directeur des services techniques de la ville.

Le parc de la Fonderie représente une solution naturelle qui contribue à « diminuer la part imperméable de la zone inondable de la vallée de la Seine », a déclaré Oxfam dans son rapport. À l’heure actuelle, 17 % de la vallée de la Seine dans l’Eure est artificialisée. Des aménagements qui ne tiennent pas compte des défis liés au changement climatique, tels que la construction en zones inondables ou l’artificialisation des sols, exacerbent les risques pour les biens et les personnes. D’autres solutions, adaptées aux différentes situations, pourraient inclure la redynamisation de l’eau, la préservation des cours d’eau ou la conception de bâtiments résistants aux inondations à venir.

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