À Bourg-en-Bresse,
Le maire sortant, Jean-François Debat, qui a été élu dès le premier tour depuis 2008, se prépare pour le début d’un nouveau cycle électoral dans une ville comptant 43.000 habitants. Au café Scarron, le serveur, tout sourire, constate la présence du « patron » et exprime sa confiance : « Oh bah, ça va bien se passer, il n’y a pas de raison ». Pourtant, Debat évoque une « ambiance de campagne a changé » et une « démobilisation » inquiétante parmi les électeurs, soulignant que sa principale menace n’est pas tant ses adversaires que l’abstention. En 2020, plus de 64 % des électeurs ne s’étaient pas déplacés, conséquence d’une lassitude face à la politique, rapporte TopTribune.
Une campagne inédite à Bourg
Cette année, Debat fait face à cinq listes concurrentes. Parmi elles, l’alliance menée par Benoît de Boysson, qui associe le mouvement Reconquête et deux membres des Républicains, attire vivement l’attention des médias. Cette union, que le maire sortant qualifie de « rarissime » et de « inédite » dans la préfecture, a généré un climat de tension. « Ça met de la tension de voir des Républicains se ranger derrière un zemmouriste », a-t-il commenté, dénonçant une « expérience de laboratoire » dans une région où la droite extrême prend de l’ampleur.
Debat affirme que cette alliance est « anormale, dangereuse et complètement contre-nature », appelant les électeurs à « refuser » cette « expérimentation ». Il espère que les Burgiens sanctionneront cette coalition lors des élections. Par ailleurs, il met en avant son bilan et exprime son engagement à assurer une nouvelle dynamique pour le futur de la ville, notant l’unité à gauche comme une force dans sa campagne.
Insécurité, désertification du centre…
La sociologie politique de Bourg-en-Bresse semble complexe. Patrick, 67 ans, affirme : « Bourg, c’est une ville de droite qui vote à gauche. Enfin… On ne vote pas à gauche, on vote Debat. » Même des électeurs de Marine Le Pen expriment des sentiments positifs envers le maire socialiste. Cependant, de nombreux habitants semblent déçus, citant l’insécurité croissante et la désertification du centre-ville comme des préoccupations majeures. Flo, 25 ans, souligne le nombre de panneaux « à louer » qui se multiplient autour de la place centrale.
Une commerçante, Virginie, qui ferme son magasin après quatorze ans, déclare : « Les samedis après-midi ne ressemblent plus à avant, c’est vide. J’ai demandé la gratuité des parkings pour concurrencer les zones commerciales, on ne m’a jamais écoutée. » Malgré ses critiques sur la gestion des pistes cyclables, elle ne pourra pas soutenir une liste d’extrême droite, montrant la complexité des loyautés politiques à Bourg.
« On trouve plus facilement un dealer qu’un docteur à Bourg », selon Benoît de Boysson
Benoît de Boysson, conscient qu’il jouit d’une renommée émergente, affirme que sa liste, officiellement « divers droite », est bien plus qu’une simple étiquette. « Ce n’est pas une liste Reconquête ou LR, c’est une liste burgienne. Une union de la droite », insiste-t-il. Il promet des mesures pour renforcer la sécurité, améliorer les infrastructures et revitaliser le commerce local, dénonçant la montée de l’insécurité : « On trouve plus facilement un dealer qu’un docteur ici, ce n’est pas acceptable. »
La montée de l’abstention témoigne, selon lui, d’un désir de changement après les dix-huit années de mandat de Debat. Les Burgiens, recherche-t-il à convaincre, méritent un leader qui soutient activement les entreprises locales. En attendant, la question demeure : combien de Burgiens et Burgiennes se présenteront aux urnes dimanche 15 mars ?