Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, sous le regard de la HATVP
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a déclaré détenir plus de 150 000 euros d’actions auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, via un compte PEA. Son cabinet assure que la HATVP a considéré cette situation conforme, rapporte TopTribune.
Les déclarations d’intérêts et de patrimoine des membres du gouvernement de Sébastien Lecornu ont été publiées le 20 avril 2026. Alors que beaucoup d’experts gouvernementaux n’ont que peu ou pas d’actions à déclarer, Monique Barbut a enregistré pas moins de 27 participations au capital de grandes entreprises, ainsi que des parts dans une société civile immobilière et une société civile.
Au total, elle possède 153 362 euros d’actions dans divers secteurs, dont 3 986 euros chez Inditex, un groupe espagnol de fast-fashion, ainsi que des actions dans des sociétés prestigieuses comme LVMH et L’Oréal. Dans le secteur aéronautique et de l’armement, elle détient 11 979 euros d’actions, y compris 6 177 euros chez Airbus et 1 328 euros chez Dassault Systèmes.
En matière de finance, Monique Barbut possède également 69 411 euros d’actions dans plusieurs institutions financières, dont Axa et BNP Paribas, avec une part significative de 50 130 euros dans Bred. Ces investissements soulèvent des questions quant à la compatibilité de ses fonctions ministérielles avec ses intérêts personnels.
La pression publique augmente, notamment après qu’Inditex a été lié à des accusations d’implication dans des activités de déforestation illégale au Brésil, selon une enquête de l’ONG britannique Eartsight. Dans le domaine de l’énergie, elle détient 2 398 euros chez Iberdrola, le plus grand fournisseur d’électricité d’Europe, impliqué dans des projets de parc éolien en mer en France, qui ont suscité des critiques de la part de pêcheurs et d’associations écologistes.
Interrogé sur ces investissements, le cabinet de la ministre a précisé qu’elle n’exerce pas de contrôle direct sur ces actions. « La ministre a déclaré détenir un plan d’épargne en actions (PEA), qui constitue une enveloppe d’investissement, confiée à sa banque dans le cadre d’un mandat de gestion excluant tout droit de regard de sa part pendant la durée de ses fonctions », a déclaré son équipe, rejetant tout risque de conflit d’intérêts.
Cependant, l’association Anticor, qui lutte contre la corruption, a exprimé ses préoccupations. « Les ministres ont le droit d’avoir des intérêts personnels, mais leurs décisions doivent être guidées uniquement par l’intérêt public », a déclaré Inès Bernard, déléguée générale de l’association. Selon elle, il serait logique que Monique Barbut se déporte de toute décision en lien avec les entreprises dans lesquelles elle a des intérêts financiers.