Météo : un hiver 2025-2026 exceptionnel avec record de pluie et de chaleur en France

Météo : un hiver 2025-2026 exceptionnel avec record de pluie et de chaleur en France

04.03.2026 14:56
3 min de lecture

La France a récemment traversé un hiver exceptionnel, caractérisé par une série de conditions météorologiques extrêmes. « Une saison marquée par de nombreux phénomènes météos », déclare Christine Berne, climatologue à Météo-France. Cet hiver a été particulièrement impacté par des pluies quasi quotidiennes, des crues historiques et une douceur record, faisant de cette saison l’une des plus humides depuis 1959 et la quatrième la plus douce depuis 1900, rapporte TopTribune.

Tempêtes : Goretti, Nils et Pedro en seulement deux mois

Trois tempêtes ont marqué cet hiver : Goretti, Nils et Pedro. La première a frappé les côtes de la Manche dans la nuit du 8 au 9 janvier, avec des rafales atteignant 160 km/h, et jusqu’à 180 km/h sur des caps exposés. Moins d’un mois plus tard, la tempête Nils, la plus violente depuis Klaus en 2009 selon Météo-France, a balayé l’Ouest, notamment le Sud, les 11 et 12 février, avec des rafales allant jusqu’à 162 km/h à Biscarrosse, dans les Landes. Enfin, la tempête Pedro a touché le pays le 19 février, affectant particulièrement le Roussillon et la Corse avec des rafales dépassant les 150 km/h sur l’île de Beauté.

Précipitations : février pulvérise les records

Le mois de février est devenu le plus pluvieux jamais enregistré depuis 1959, avec des cumuls d’eau équivalents à « deux fois la normale et un excédent de 100 % », selon Christine Berne. Sur l’ensemble de l’hiver, l’excédent de pluie a atteint 35 %, le plaçant au 8e rang des hivers les plus pluvieux. Des villes comme Quimper, Durban-Corbières et Montpellier ont battu des records, enregistrant respectivement 798 mm, 737 mm et 526 mm de précipitations. « Il a beaucoup et souvent plu de la Bretagne jusqu’en Méditerranée. En Bretagne, on observe plus de deux jours de pluie sur trois », précise Météo-France.

Crues : 49 jours en vigilance orange ou rouge, une première

Les crues exceptionnelles se sont également intensifiées, la période hiver enregistrant 49 jours de vigilances, dont 18 en rouge, un record absolu. Lucie Chadourne-Facon, directrice du Service Central Vigicrues, fait état d’une activité inédite depuis 2006. Des crues majeures ont été constatées sur des fleuves comme la Garonne, la Maine, la Loire et la Charente. Du 13 au 20 février, jusqu’à 174 tronçons d’eau étaient en vigilance, certains étant en vigilance rouge. « Ces épisodes de crues sont remarquables par leur étendue géographique et leur persistance dans le temps », souligne Vigicrues.

Températures : Le 4e hiver le plus chaud depuis 1900

En dépit des conditions humides, cet hiver a enregistré des températures anormalement élevées, atteignant + 1,7 °C par rapport à la moyenne, le classant comme le 4e hiver le plus chaud depuis 1900. Le mois de février a affiché une température supérieure de + 3,5 °C, se plaçant juste derrière février 1990. Une légère vague de froid a eu lieu entre Noël et la nouvelle année, mais le reste de la saison a été marqué par des températures printanières, dépassant parfois 20 °C fin février dans certaines régions, et atteignant jusqu’à 28 °C dans le Sud-Ouest. Le nombre de jours de gel a également été très déficitaire, comme l’indique Météo-France.

Ensoleillement : un hiver gris à cause de février

L’hiver a aussi été caractérisé par un ensoleillement déficitaire, inférieur d’au moins 5 % comparé aux années précédentes. Météo-France précise que le mois de décembre avait été plus ensoleillé que la normale (+ 10 %), tandis que janvier était proche des moyennes habituelles. Cependant, février a enregistré un déficit d’ensoleillement d’environ -20 %, bien que le soleil soit revenu vers la fin du mois. « L’ensoleillement est relativement médiocre », observe Météo-France.

Et le changement climatique dans tout ça ?

Christine Berne souligne que « l’on n’observe pas d’augmentation de précipitation dans notre pays. En revanche, une légère tendance à l’intensification des précipitations est à prévoir, mais pas en fréquence ». Concernant les tempêtes successives, elle précise qu’elles ne peuvent pas être directement associées au changement climatique. Cependant, elle avertit qu’avec une augmentation de la température moyenne de + 4 °C en France, comme prévu par la modélisation, on pourrait s’attendre à une augmentation d’environ 15 % des précipitations durant les saisons hivernales. Enfin, les sols saturés entraîneront un retard dans l’assèchement printanier, tout en augmentant le risque de sécheresse estivale dans les mois à venir.

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