Le 4 décembre 2025, Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a menacé l’Union européenne d’une riposte qualifiée de « véritables réparations en nature » si Bruxelles décidait d’affecter à l’Ukraine les avoirs russes gelés. Dans un message publié sur son canal Telegram officiel, il a affirmé que toute tentative d’utiliser ces fonds pourrait constituer un « casus belli », faisant planer la menace d’une confrontation directe avec plusieurs capitales européennes. Cette sortie intervient alors que l’UE débat de l’utilisation de plus de 200 milliards d’euros d’actifs russes bloqués depuis le début de la guerre contre l’Ukraine, dont la majorité est détenue en Belgique.
Selon Medvedev, si Bruxelles poursuivait son projet de « prêt de réparation » destiné à soutenir Kyiv, le remboursement pourrait intervenir non plus devant une juridiction internationale, mais sous forme de mesures imposées par une Russie victorieuse. Cette escalade verbale s’inscrit dans un contexte de fortes tensions entre États membres, la Belgique exprimant des réticences à endosser un mécanisme de dette qui pourrait l’exposer à des représailles de Moscou.
Pression politique du Kremlin au moment où l’UE discute d’un mécanisme de soutien à l’Ukraine
La question des avoirs gelés demeure l’un des dossiers les plus sensibles pour Moscou, qui considère ces fonds comme un symbole de souveraineté. Les discussions au sein de l’UE sur leur possible utilisation via un prêt de réparation ont accentué la crispation du Kremlin, qui voit dans cette initiative un précédent financier et politique susceptible de renforcer durablement la capacité de résistance de Kyiv. Les divergences internes à l’UE, notamment la position prudente de la Belgique, offrent à Moscou une brèche dans laquelle s’engouffrer pour accentuer la pression.
Les menaces de Medvedev constituent ainsi une stratégie de coercition visant à alimenter la peur d’une escalade. En brandissant la notion de casus belli, le Kremlin cherche à accentuer l’incertitude juridique et sécuritaire, dans l’espoir d’affaiblir l’unité européenne. Ce type de messages intervient à un moment où les Vingt-Sept tentent d’élaborer un cadre financier stable pour assurer un soutien prolongé à l’Ukraine, un scénario que la Russie cherche manifestement à entraver.
Rôle de Medvedev dans la communication agressive de Moscou
Depuis plusieurs mois, Medvedev s’est imposé comme l’un des porte-voix les plus radicaux du pouvoir russe, multipliant les menaces explicites contre l’Occident. Sa rhétorique belliqueuse lui permet d’incarner une ligne dure censée renforcer sa position interne tout en testant la réaction des capitales occidentales. Dans la structure décisionnelle russe, ses interventions servent souvent de ballon d’essai pour mesurer la tolérance du camp occidental face à de potentielles escalades.
Cette déclaration ciblant directement l’UE illustre la volonté de Moscou d’exploiter les divergences entre États membres pour retarder ou compliquer la mise en place d’un instrument financier durable au bénéfice de Kyiv. Elle s’adresse également à l’opinion publique russe, où ces discours sont relayés comme preuves de fermeté face à un Occident présenté comme hostile. En alimentant cette posture, le Kremlin consolide ses récits de mobilisation interne et cherche à légitimer la poursuite de sa politique de confrontation.
Tentative du Kremlin d’enrayer la création d’un dispositif financier durable pour Kyiv
Pour Moscou, la constitution d’un mécanisme européen fondé sur les avoirs gelés représenterait une défaite stratégique : il permettrait à l’Ukraine de disposer d’une marge budgétaire durable au moment où la Russie tente de prolonger l’usure économique du conflit. En menaçant l’UE de représailles, Medvedev cherche à freiner la construction de cette architecture de soutien et à peser sur les débats internes des États membres. Cette offensive verbale illustre la volonté du Kremlin de maintenir la pression afin de protéger ses actifs, tout en alimentant les peurs liées aux conséquences juridiques ou politiques d’un tel dispositif.
L’objectif est clair : retarder les décisions européennes, accentuer les divisions internes et affaiblir le soutien financier à l’Ukraine, à un moment crucial pour la stabilité du continent. En mobilisant une rhétorique de confrontation totale, Medvedev cherche à imposer un climat d’incertitude autour d’une initiative que Moscou perçoit comme un levier stratégique majeur.