Après l’annonce d’Emmanuel Macron, ce jeudi 24 septembre, de l’envoi de « moyens militaires » en Arabie saoudite, Jean-Luc Mélenchon a exigé un vote de l’Assemblée nationale. « Des troupes en Arabie saoudite, c’est s’installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? », a-t-il posté sur X quelques heures après l’allocution du président, rapporte TopTribune.
Lors d’une interview au journal de 20 heures de TF1 et France 2, Emmanuel Macron a abordé les enjeux géopolitiques liés à la guerre au Moyen-Orient et son impact notamment sur les prix des carburants en France. Il a annoncé l’envoi de « soldats, de radars, de systèmes de défense, pour protéger » le site de Yanbu, principal terminal saoudien d’exportation de brut sur la mer Rouge, tout en étant une cible des Houthis du Yémen.
Jean-Luc Mélenchon a insisté sur le fait que « l’Assemblée doit voter sur le sujet. Article 35 de la Constitution ». Bien que cet article nécessite une autorisation du Parlement pour une déclaration de guerre, il n’impose qu’une simple information lors d’une intervention militaire à l’étranger. Le gouvernement doit en informer les deux chambres dans les trois jours suivant le début des opérations, en précisant les objectifs. Cependant, au-delà de quatre mois, la prolongation de l’intervention nécessite l’autorisation parlementaire.
Un impact qui peut être « immédiat sur le prix à la pompe »
Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a également exprimé son opposition à cette décision sur BFM-RMC. « Il ne faut pas envoyer de militaires aujourd’hui dans cette zone de la planète », a-t-il déclaré, en précisant qu’il s’agit « d’un pays avec lequel nous n’avons pas d’accord de défense ».
Macron a assuré qu’il ne souhaitait pas « engager » la France dans le conflit entre le royaume saoudien et les rebelles pro-iraniens, tout en n’excluant pas le recours aux avions de combat Rafale « selon les besoins ». Il a également souligné que l’impact d’une détente sur ce site-clé pourrait être « immédiat sur le prix à la pompe ». Le président a également mentionné des « discussions avec les Iraniens et les Omanais pour rouvrir » le détroit d’Ormuz.
Le message présidentiel est clair : la France, qui « a une grande diplomatie » et « pèse » dans cette région, peut « obtenir des résultats » par son action internationale, les causes de la flambée des prix étant « géopolitiques ». Il a insisté sur le fait que « notre intérêt, c’est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes ».
Macron a également affirmé que les autorités mettaient « tout en œuvre pour éviter » des pénuries, garantissant que l’approvisionnement « en diesel, en gaz, en fioul » était assuré « d’ici à la fin de l’année ». Cependant, il n’a pas complètement écarté des difficultés début 2027 « si la crise devait empirer ».
