Medvedev provoque Paris en suggérant aux États-Unis d’envoyer des sous-marins au large des côtes françaises
Medvedev provoque Paris en suggérant aux États-Unis d’envoyer des sous-marins au large des côtes françaises

Medvedev provoque Paris en suggérant aux États-Unis d’envoyer des sous-marins au large des côtes françaises

06.12.2025 19:30
3 min de lecture

Une réaction sarcastique aux critiques de Paris

Le 5 décembre 2025, Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a publié sur son canal Telegram un message dans lequel il proposait que les États-Unis déploient « une paire de sous-marins » près des côtes françaises. Cette sortie ironique visait les déclarations du président Emmanuel Macron, qui avait émis des critiques sur la position américaine concernant les efforts pour mettre fin à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. Medvedev a de nouveau recouru à des attaques personnelles en affublant le président français du surnom méprisant de « Mikron », réitérant une rhétorique qu’il utilise régulièrement dans ses messages en ligne. Ses propos sont accessibles sur son canal Telegram et ont été relayés par la presse russe, notamment par Vedomosti.

Contexte diplomatique et tensions croissantes

La réaction de Medvedev intervient après des révélations publiées par Der Spiegel concernant une conversation confidentielle entre dirigeants européens. Selon ces informations, Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz auraient exprimé leurs doutes quant à l’engagement américain dans les discussions entre Kiev et Moscou. Macron aurait mis en garde le président Volodymyr Zelensky contre un risque de concessions imposées par Washington, une affirmation que le président français a ensuite démentie. Ces tensions se sont ajoutées à une séquence déjà marquée par des déclarations de Donald Trump face aux menaces nucléaires proférées par Medvedev en août. Le président américain avait alors ordonné le déploiement de deux sous-marins nucléaires près des côtes russes, insistant sur le fait que les paroles de responsables russes pouvaient « entraîner des conséquences imprévisibles ». Fin octobre, Trump avait également souligné que les États-Unis disposaient du « plus grand sous-marin nucléaire au monde », précisant qu’il opérait près des côtes russes et rappelant les essais de missiles menés par Moscou.

Une opération d’influence visant l’opinion française

Les déclarations de Medvedev s’inscrivent dans une dynamique plus large d’activités d’influence russes en France, qui font partie d’une campagne globale menée dans le contexte de la guerre contre l’Ukraine. Moscou cherche à fragiliser le soutien à Kiev en instillant des doutes sur l’efficacité des sanctions et la nécessité de l’aide occidentale. À l’approche des municipales françaises de 2026, ces efforts s’intensifient : la Russie multiplie les manipulations autour de thèmes locaux pour alimenter la défiance vis-à-vis des institutions. Les services européens ont identifié plus de 200 sites médiatiques fictifs, associés à des cyberopérations et à l’usage de l’intelligence artificielle pour diffuser des contenus déformés, créant l’illusion d’une information authentique et locale.

L’industrialisation de la désinformation et ses risques pour l’Europe

L’opération dite « Doppelgänger » illustre l’évolution de la propagande russe vers une industrialisation systématique de la production de faux contenus. Grâce à l’IA, ces réseaux génèrent des articles qui imitent parfaitement le style de médias régionaux, rendant les manipulations plus difficiles à détecter et accentuant leur impact sur les électeurs. Les faux sites exploitent des événements réels pour en proposer une version sensationnaliste ou émotionnellement exacerbée, brouillant la frontière entre information et propagande. Cette stratégie vise à miner la légitimité des autorités françaises, notamment du président Macron, en diffusant des récits de chaos institutionnel ou de corruption, tout en valorisant le Kremlin pour créer un contraste artificiel entre un « Occident déclinant » et une Russie prétendument stable.

Un défi stratégique pour la sécurité informationnelle européenne

Pour les pays européens, l’intensification de ces opérations en France confirme l’urgence de moderniser les outils de protection contre les ingérences extérieures. L’Union européenne et ses États membres sont encouragés à investir dans des systèmes de détection rapide de la désinformation, à renforcer les mécanismes juridiques à l’égard de ses auteurs et à promouvoir la formation des citoyens aux compétences médiatiques. Sans un renforcement significatif de ces capacités, les processus démocratiques resteront vulnérables à l’exploitation stratégique de campagnes de manipulation venues de l’étranger.

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