Mariage de Ryan : des neiges olympiques à l'empire de la cocaïne

Mariage de Ryan : des neiges olympiques à l’empire de la cocaïne

21.11.2025 13:26
3 min de lecture

Il y a deux décennies, Ryan James Wedding était au sommet de sa carrière de snowboarder, figurant sur les listes de départ des Jeux d’hiver de Salt Lake City. Aujourd’hui, son nom apparaît sur la liste des « Dix Fugitifs les Plus Recherchés » du FBI, avec une récompense de 15 millions de dollars pour sa capture. Depuis ces deux points, le parcours de ce natif de Thunder Bay, qui est passé d’un prodige du sport à un puissant trafiquant de cocaïne, pourrait être le scénario d’un film que Hollywood aurait jugé trop extravagant, rapporte TopTribune.

Du jeune athlète aux ombres du narcotrafic

Né en 1981 dans une famille passionnée par le ski, avec des grands-parents propriétaires de stations de ski et un oncle entraîneur, Wedding a grandi au coeur des montagnes. Très tôt, il se distingue en remportant des compétitions et intègre rapidement l’équipe canadienne de snowboard. Il brille lors des championnats du monde juniors en 1999 et 2001 et participe aux Jeux olympiques de 2002 dans la discipline du slalom géant parallèle. Cependant, après Salt Lake City, sa carrière sportive prend un tournant inattendu.

De retour en Colombie-Britannique, il s’inscrit à l’université tout en multipliant les activités, allant de videur à l’immobilier. Ses premiers investissements, selon des rapports de police, seraient alimentés par une vaste culture de cannabis, démantelée par les autorités canadiennes en 2006. Bien qu’il ne soit pas inculpé à cette époque, son intérêt pour les activités illicites commence à se dessiner.

De snowboarder à trafiquant international

En 2008, son implication dans le trafic de cocaïne devient évidente. Merci à des enquêtes journalistiques et à des jugements aux États-Unis, il est révélé que Wedding a participé à une opération qui, initialement, visait à faire entrer des quantités importantes de cocaïne en Californie pour sa revente au Canada. Cela s’avère être un piège orchestré par le FBI – l’acheteur étant en réalité un informateur. En 2010, Wedding est condamné à plusieurs années de prison pour complot en matière de trafic de drogue. C’est dans ce pénitencier texan, proche de la frontière mexicaine, qu’il tisse des liens avec des individus influents dans le milieu du narcotrafic.

Libéré en 2011 et renvoyé au Canada, Wedding ne revient pas en simple amateur, mais en véritable homme d’affaires du crime. Installé à Montréal, il commence à organiser des réseaux de distribution de cocaïne à grande échelle, reliant les Caraïbes, les États-Unis et le Canada.

Ascension au rang de parrain de la drogue

Les enquêtes menées par les forces de l’ordre canadiennes et américaines révèlent un modus operandi régulier : la création de fausses entreprises, l’utilisation de camions et de navires pour le transport et un réseau de complices issus du monde des affaires. D’ores et déjà, Wedding est considéré comme un acteur majeur du cartel de Sinaloa, capable de faire transiter d’importantes cargaisons de cocaïne vers le nord. Il échappe à une vaste opération policière alors qu’il se retrouve sous la protection du cartel au Mexique, où il met sur pied un groupe criminel dont les détails font froid dans le dos : des dizaines de tonnes de cocaïne, des revenus dépassant le milliard de dollars, et un réseau complexe d’individus impliqués, allant des logisticiens aux tueurs à gages.

Une escalade de la violence

À partir de 2023, les actes de violence liés à son organisation atteignent des sommets : des meurtres dans la région de l’Ontario, des erreurs tragiques et l’élimination de rivaux ou de témoins. Bien que les accusations liées à ces meurtres soient en cours sans jugement, Wedding fait l’objet d’une inculpation aux États-Unis pour avoir dirigé une organisation criminelle transnationale et d’avoir commandé des homicides. En mars 2025, son image figure sur le mur des fugitifs les plus recherchés du FBI.

Le 31 janvier 2025, la réalité de son réseau se révèle encore plus tragique avec l’assassinat d’un ancien membre devenu témoin clé, tué dans un centre commercial à Medellín. Les autorités américaines soupçonnent Wedding d’avoir mis un prix sur la tête de ce témoin, utilisant les réseaux sociaux pour faciliter l’opération de meurtre. Un grand jury à Los Angeles le met en accusation pour cette exécution, l’accusant d’avoir tenté de protéger son empire et d’entraver son extradition vers les États-Unis.

Actuellement, l’organisation de Wedding est jugée toujours active, malgré les récentes arrestations de plusieurs de ses complices. Les autorités décrivent une opération ancrée en Amérique latine, liée au cartel de Sinaloa, mais dont les ramifications demeurent profondément enracinées en Amérique du Nord. Wedding lui-même, selon les forces de l’ordre, se cache toujours au Mexique ou dans un pays voisin, protégé par une sécurité armée et utilisant des faux papiers.

Le jeune snowboarder de Thunder Bay n’a jamais remporté de médaille olympique. À la place, il est devenu l’illustration d’un nouveau type de chef de cartel : un athlète d’origine prometteuse, transformé en symbole d’un cauchemar géopolitique, mêlant ambition sportive et criminalité organisée. Officiellement innocent jusqu’à preuve du contraire, Ryan Wedding n’est plus un simple athlète déchu, mais un chef de cartel dont les actions laissent derrière elles une traînée de violence.

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