Ce vendredi, un homme a perpétré une fusillade à Trappes, faisant un mort et cinq blessés parmi des personnes issues de l’immigration. L’individu a été arrêté et placé en garde à vue. Le président Emmanuel Macron a qualifié cet acte de « premier acte terroriste » en raison de la « couleur de peau ou de la religion » des victimes, une déclaration qui a suscité une vive controverse, rapporte TopTribune.
Les réactions dans le paysage politique français ont été immédiates. Des personnalités politiques et des associations ont accusé le chef de l’État « d’oublier » et de « nier la réalité » des attentats passés, y compris ceux de Mohammed Merah en 2012, qui a tué sept personnes, dont trois enfants, l’assassinat du père Hamel en 2016 et l’attaque de la basilique Notre-Dame de Nice en 2020.
« La première fois… »
Emmanuel Macron a déclaré, lors de son déplacement à Trappes, que cet événement marque un tournant : « C’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne. » Il a affirmé que « ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est un attentat terroriste, raciste » et a insisté sur le fait qu’il n’y a rien à céder aux idées qui pourraient justifier de tels comportements.
« Factuellement fausse donc politiquement problématique… »
Les critiques se sont intensifiées suite à ces déclarations. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a dénoncé sur la plateforme X l’affirmation selon laquelle ce serait « la première fois » qu’un tel acte est commis en France, rappelant une série d’attentats visant des Français en raison de leur origine ou de leur religion. Jérôme Guedj, député PS, a également déclaré que les propos de Macron étaient « factuellement faux » et ont des implications politiques délicates, soulignant le lien entre « l’assignation identitaire » et le terrorisme.
François-Xavier Bellamy, député européen LR, a ajouté que le président ne devrait pas minimiser la souffrance historique de la France face au terrorisme, citant les attentats de Charlie Hebdo et le meurtre de Samuel Paty.
Un président qui « choisit ses morts »
Cette polémique a été alimentée par la députée européenne Sarah Knafo, qui a critiqué Macron pour avoir « choisi ses morts » en ignorant les victimes des attentats antérieurs, notamment le père Hamel, ainsi que les enfants tués à Toulouse.
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Yonathan Arfi, a également réagi, affirmant que tuer un Français en raison de sa couleur de peau ou de sa religion est une attaque contre la République elle-même et a rappelé que ce n’était « malheureusement pas la première fois » qu’un tel acte se produisait.
Le président se reprend
Face à la montée de la controverse sur les réseaux sociaux, l’Élysée a clarifié que Macron faisait référence au premier attentat en France motivé par la couleur de peau, tout en reconnaissant les divers attentats subis par les chrétiens et les juifs. Dans un message sur X, il a réaffirmé l’importance de se souvenir de toutes les victimes et a exprimé son désir de ne pas accroître la douleur des familles victimes ni d’ajouter à la tristesse du pays.
