Une lueur d’espoir pour les enfants de Gaza face à la guerre prolongée
Le récent cessez-le-feu dans la bande de Gaza représente enfin une fragile lueur d’espoir pour 1 million d’enfants palestiniens, qui aspirent à commencer à se reconstruire après plus de deux ans de guerre dévastatrice. Cette espérance dépend toutefois de la capacité à maintenir le cessez-le-feu, à faciliter l’entrée immédiate de l’aide humanitaire à des niveaux suffisants pour répondre aux besoins colossaux, et à relancer en urgence des services essentiels, notamment l’éducation, rapporte TopTribune.
Les bombardements et les combats ont causé des destructions catastrophiques dans le territoire, avec plus de 20 000 enfants signalés comme tués et des milliers d’autres blessés. La situation a entraîné des déplacements massifs et la destruction de la plupart des logements, des quartiers, des hôpitaux et des écoles. En août, une famine a été confirmée à Gaza, touchant 320 000 enfants de moins de cinq ans, qui sont à risque de malnutrition aiguë. Plus de 58 000 enfants ont perdu un ou deux parents, et chaque enfant a été témoin de la peur, de la perte et de graves perturbations de son apprentissage.
Ce constat alarmant inclut des témoignages poignants, comme celui de Yazied, un enfant de 12 ans qui se remémore les matins paisibles avant la guerre. Désormais, il se rend tous les deux jours dans un espace d’apprentissage temporaire de l’UNICEF, tandis que les établissements d’enseignement traditionnels restent fermés et que les listes d’attente pour ces espaces sont longues. Les enfants comme Yazied sont confrontés à des défis inimaginables alors qu’ils doivent aider leur famille à survivre.
Face à ces conditions humanitaires désastreuses, le danger d’une génération perdue d’enfants comme Yazied est omniprésent. L’UNICEF et ses partenaires sur le terrain s’efforcent de répondre à cette crise. Bien que l’aide entrant à Gaza ait augmenté depuis le cessez-le-feu, elle demeure largement insuffisante pour satisfaire les besoins urgents, et les fournitures indispensables restent bloquées à la frontière.
Nous appelons Israël à permettre un accès humanitaire rapide et sans entrave par tous les points de passage vers Gaza, en parallèle des transports commerciaux. L’UNICEF et d’autres agences humanitaires disposent de chargements de fournitures vitales, allant des tablettes de purification d’eau aux matériels éducatifs. Un accès prévisible est nécessaire pour garantir aux enfants les essentiels dont ils ont besoin pour survivre et se rétablir.
Cette intervention doit également comprendre l’entrée de tous les matériels pour l’éducation et le soutien psychologique, qui ont été interdits pendant près de deux ans. Nous demandons la levée rapide des restrictions sur les équipements, y compris les tentes, les congélateurs pour la conservation des vaccins, et le matériel médical.
En parallèle, les agences humanitaires doivent disposer des ressources nécessaires pour mener à bien leur mission. Les restrictions sur les outils opérationnels, tels que les équipements de communication et les véhicules, doivent être levées sans délai. L’UNICEF appelle toutes les parties à respecter le cessez-le-feu et à garantir la sécurité de la circulation du personnel humanitaire dans la bande de Gaza.
Nous sommes particulièrement préoccupés par une crise dans la crise, à savoir l’effondrement de l’éducation des enfants. Avant la guerre, 98 % des enfants à Gaza avaient accès à une éducation, l’un des taux les plus élevés de la région. Aujourd’hui, environ 97 % des écoles et des centres d’apprentissage à Gaza sont endommagés ou détruits, et plus de 650 000 enfants d’âge scolaire n’ont pas eu accès à une éducation formelle depuis plus de deux ans.
L’éducation n’est pas un luxe : c’est un pilier qui peut protéger les enfants aujourd’hui tout en aidant à façonner la reconstruction de Gaza demain. Le retour à l’école est un service vital qui restaure la routine et l’espoir, tout en offrant un accès à un soutien psychologique et à d’autres aides critiques.
Actuellement, l’UNICEF parvient à atteindre 15 % des enfants d’âge scolaire avec un apprentissage fondamental. Cependant, la demande dépasse largement la capacité, et il existe des listes d’attente dans tous les centres d’apprentissage temporaires. Il est impératif d’accélérer les réparations des rares salles de classe encore debout afin de remettre davantage d’enfants à l’école.
Cette tâche exige plus que l’ouverture des postes de contrôle. Elle nécessite une campagne de retour à l’apprentissage efficacement orchestrée. Il incombe à chacun d’entre nous de protéger et de soutenir les enfants palestiniens. Chaque gouvernement, donateur et institution doit jouer un rôle en finançant les réponses et en veillant à ce que l’aide et l’éducation circulent librement.
Un cessez-le-feu qui ne facilite pas l’entrée de l’aide essentielle, y compris les fournitures éducatives, échouera à protéger les enfants de Gaza. Faisons en sorte que ce soit le moment où chaque point de passage s’ouvre, chaque barrière se lève, et où les enfants, ainsi que leur droit à l’éducation et à tous les services essentiels, soient prioritaires.