L'union européenne durcit sa politique migratoire avec l'envoi de migrants hors de ses frontières

L’union européenne durcit sa politique migratoire avec l’envoi de migrants hors de ses frontières

08.12.2025 21:56
2 min de lecture

Sous la pression de la droite et de l’extrême droite, les 27 pays de l’Union européenne ont validé, ce lundi 8 décembre 2025, un durcissement significatif de leur politique migratoire, facilitant notamment l’envoi de migrants vers des centres situés hors des frontières de l’UE, rapporte TopTribune.

Réunis à Bruxelles, les ministres de l’Intérieur des États membres ont donné leur accord initial à trois propositions introduites cette année par la Commission européenne, visant à réglementer de manière plus stricte les arrivées et les renvois des exilés.

Tour de vis migratoire

Ces mesures incluront :

  • L’ouverture de centres en dehors des frontières de l’UE pour y expédier les migrants dont les demandes d’asile ont été rejetées, les fameux « hubs de retour ».
  • Des sanctions plus sévères pour ceux qui refusent de quitter le territoire européen, avec des durées de détention prolongées.
  • Le renvoi de demandeurs d’asile vers des pays jugés « sûrs », même s’ils ne sont pas leurs pays d’origine.

La diminution des arrivées — environ 20% d’entrées irrégulières en moins par rapport à l’année précédente — n’a pas atténué la pression sur les responsables politiques du Vieux Continent. Au contraire, elle semble l’avoir accentuée.

« Il est vraiment important que nous donnions aux citoyens le sentiment que nous maîtrisons ce qui se passe », a déclaré le commissaire européen Magnus Brunner, architecte de ce durcissement. Ses propositions provoquent la colère de la gauche et des organisations de défense des droits des exilés, qui critiquent des mesures qu’ils estiment contraires aux droits humains.

« Au lieu d’investir dans la sécurité, la protection et l’inclusion, l’UE choisit des politiques qui plongeront davantage de personnes dans le danger et l’insécurité juridique », a alerté Silvia Carta de l’ONG PICUM, spécialisée dans la protection des sans-papiers.

Des interrogations sur la légalité des mesures

Initiée par le Danemark, qui assume la présidence tournante de l’Union européenne et milite depuis longtemps pour ce durcissement, la progression des États membres sur ce dossier a été rapide.

Il existe apparemment une « volonté politique largement partagée » parmi les Vingt-Sept pour valider ces propositions, selon un diplomate. Cependant, certains pays, comme la France, interrogent la légalité et l’efficacité de certaines de ces mesures. L’Espagne, elle aussi, reste dubitative face aux « hubs de retour », qui, déjà expérimentés par plusieurs États, n’ont pas fait leurs preuves.

La position française devient néanmoins de plus en plus « difficile à tenir » sous la pression croissante exercée par des pays soutenant l’adoption rapide des mesures, selon le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska.

Ces mesures disposent également d’un fort soutien de la droite et de l’extrême droite, qui se sont récemment alliées au sein du Parlement européen pour leur accorder des premiers feux verts. De nombreux eurodéputés et dirigeants plaident pour une adoption finale en début d’année prochaine.

Un migrant contre 20 000 euros

Les Vingt-Sept ont aussi convenu, ce lundi, d’un nouveau système de répartition des demandeurs d’asile en Europe. Pour soulager les pays situés sur les routes migratoires, comme la Grèce et l’Italie, l’UE exigera bientôt que les autres États membres relocalisent des demandeurs d’asile sur leur sol ou versent, à défaut, une contribution financière de 20 000 euros par demandeur d’asile aux pays en première ligne.

Les négociations entourant ce dossier ont été particulièrement difficiles, tant peu de pays sont prêts à accueillir des demandeurs d’asile en provenance d’un autre État membre, en raison du contexte politique actuel.

« Il y a peu de ministres de l’Intérieur qui vont vouloir se présenter devant la presse et dire +ok j’en ai pris 3 000+ », a expliqué un responsable européen, s’exprimant sous couvert d’anonymat. La répartition exacte décidée par les Vingt-Sept ce lundi reste confidentielle.

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