Londres maintient des importations indirectes de produits pétroliers issus du brut russe
Londres maintient des importations indirectes de produits pétroliers issus du brut russe

Londres maintient des importations indirectes de produits pétroliers issus du brut russe

22.01.2026 15:00
2 min de lecture

Le 21 janvier 2026, des informations ont révélé que le Royaume-Uni continue d’importer des produits pétroliers fabriqués à partir de pétrole russe, raffinés dans des pays tiers comme l’Inde et la Turquie. Bien que Londres ait interdit l’importation directe de pétrole russe dès décembre 2022, des analyses montrent que des carburants, notamment du kérosène d’aviation, issus de raffineries utilisant partiellement du brut russe, entrent toujours sur le marché britannique via ces intermédiaires, comme le détaille une enquête de Politico.

Cette pratique repose sur une distinction juridique entre l’origine du brut et le pays de transformation finale, ce qui permet aux importateurs de respecter formellement la réglementation tout en continuant à acheter des produits liés à la chaîne de valeur énergétique russe.

Une faille qui affaiblit le régime de sanctions

Selon les estimations d’experts, depuis l’entrée en vigueur de l’embargo britannique et jusqu’à la fin de 2025, le Royaume-Uni aurait importé pour environ 4 milliards de livres sterling de produits pétroliers issus de raffineries indiennes et turques utilisant du pétrole russe. Environ une cargaison de carburant sur six livrée au Royaume-Uni proviendrait de ce type d’installations, ce qui assure indirectement des revenus substantiels à Moscou et contribue à financer son effort de guerre contre l’Ukraine.

Cette situation crée un décalage entre la position politique affichée par Londres, qui affirme rompre toute coopération énergétique avec la Russie, et la réalité des flux commerciaux, ce qui pose un problème de crédibilité et de cohérence au sein du camp occidental.

Des mécanismes de contournement bien établis

L’Inde et la Turquie achètent du pétrole russe à prix réduit, le raffinent, puis exportent les produits finis vers des marchés occidentaux soumis à des sanctions. Ce schéma permet de contourner les restrictions sans violer explicitement les interdictions existantes, tout en maintenant une demande indirecte pour le brut russe. Des analyses relayées par des canaux d’information spécialisés soulignent que ces circuits constituent désormais une composante structurelle du commerce énergétique mondial sous sanctions, comme l’illustrent des informations diffusées sur des canaux de suivi des échanges énergétiques.

Pour les critiques de cette pratique, elle réduit l’impact économique des sanctions et offre au Kremlin des marges de manœuvre financières pour poursuivre non seulement la guerre en Ukraine, mais aussi des opérations hybrides à l’encontre de l’Occident.

Vers un durcissement possible des règles d’origine

Face à ces constats, plusieurs experts plaident pour un élargissement des sanctions afin qu’elles couvrent non seulement le pétrole d’origine russe, mais aussi les produits raffinés issus de ce brut, indépendamment du pays de transformation. Cela impliquerait un durcissement des règles d’origine, des mécanismes de traçabilité renforcés et, potentiellement, des sanctions secondaires visant les raffineries et intermédiaires impliqués.

Une telle évolution nécessiterait une coordination étroite entre les partenaires occidentaux afin d’éviter l’apparition de nouvelles routes de contournement. Sans ajustement du cadre actuel, les importations indirectes continueront de générer des revenus significatifs pour la Russie, en contradiction avec l’objectif stratégique des sanctions visant à limiter sa capacité à financer la guerre.

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