L'OMM prévoit un retour d'El Niño cet été avec une probabilité de 80 %

L’OMM prévoit un retour d’El Niño cet été avec une probabilité de 80 %

02.06.2026 12:36
2 min de lecture

La probabilité qu’un épisode El Niño se produise « entre juin et août 2026 » est de 80 %, selon la dernière mise à jour de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) ce mardi. Ce phénomène climatique, connu pour ses conséquences sur le climat mondial, pourrait engendrer des épisodes météorologiques extrêmes, rapporte TopTribune.

C’est quoi, El Niño ?

El Niño se caractérise par un réchauffement des eaux de surface dans le Pacifique équatorial, entre l’Australie et les côtes d’Amérique du Sud. Ce phénomène se déclenche avec l’affaiblissement des alizés, les vents orientés d’est en ouest. Normalement, ces vents déplacent l’eau vers l’ouest, maintenant des températures fraîches près des côtes sud-américaines. Lors de l’affaiblissement des alizés, les eaux chaudes s’accumulent dans l’est du Pacifique, modifiant ainsi la météo et les schémas de vent.

Pour quelles conséquences ?

Ce phénomène se produit environ tous les deux à sept ans et peut durer de sept à douze mois. Il est associé à des événements climatiques extrêmes à l’échelle mondiale. « Lorsqu’un phénomène El Niño se produit, on attend des sécheresses en Afrique de l’Ouest, au Sahel, en Afrique du Sud, en Australie et en Asie du Sud-Est. En revanche, certaines régions, comme le sud-est des États-Unis et le Pacifique équatorial, connaissent une hausse des précipitations », a déclaré Wilfran Moufouma Okia, chef des prévisions climatiques de l’OMM. Le dernier épisode, survenu en 2023-2024, a été parmi les plus chauds jamais enregistrés.

Les conséquences de ce réchauffement des eaux affectent également la faune maritime. Les poissons, comme les anchois, traditionnellement présents dans ces eaux, migrent vers des zones plus fraîches. En 2016, ce phénomène avait eu des répercussions économiques significatives sur les pêches au large des côtes sud-américaines. Wilfran Moufouma Okia souligne que, au cours de l’épisode précédent, la baisse des précipitations au Panama avait affecté le canal, impactant ainsi l’économie mondiale.

Il convient également de noter qu’El Niño interagit avec d’autres phénomènes météorologiques, ce qui peut accentuer ou modérer son impact. Ce phénomène est exacerbé par le changement climatique, pouvant entraîner des températures dépassant les moyennes de 0,1 à 0,2 °C, ce qui pourrait à son tour provoquer des événements climatiques extrêmes, a fait savoir Robert Vautard, coprésident du GIEC.

A quoi s’attendre cette fois ?

Les prévisions de l’OMM indiquent que les chances que cet épisode se poursuive au moins jusqu’en novembre avoisinent ou dépassent les 90 %. Ce qui suggère un potentiel d’« épisode modéré, voire fort ». Wilfran Moufouma Okia précise que chaque épisode El Niño est distinct et ses effets peuvent varier. Un phénomène de faible intensité peut quand même entraîner des impacts considérables selon le contexte local.

En outre, selon le coprésident du GIEC, la seconde année d’un épisode El Niño est souvent marquée par des températures plus élevées que celles observées la première année, ce qui pourrait avoir des implications pour la sécurité alimentaire et les écosystèmes dans diverses régions du globe.

Face à ces prévisions, il est crucial pour les gouvernements et les organisations internationales de se préparer à des conditions climatiques extrêmes et d’adapter leurs stratégies en conséquence. La surveillance continue et la recherche sur El Niño et ses impacts potentiels constituent des éléments clés pour anticiper et atténuer les effets de ce phénomène sur les sociétés et les économies du monde entier.

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