
À partir du 1er février 2026, les rendements des livrets réglementés vont subir un nouveau déclin. Ce phénomène survient alors que l’inflation plafonne, créant un déséquilibre pour les épargnants.
, rapporte TopTribune.
Économie : les taux en baisse impactent les livrets
Les taux des livrets réglementés sont soumis à une formule définie par le Code monétaire et financier, qui intègre l’évolution de l’inflation hors tabac et les taux interbancaires à court terme. Actuellement, ces indicateurs tendent vers des niveaux bas : l’inflation se stabilise autour de 1 %, tandis que les taux d’intérêt continuent de diminuer en raison des ajustements de politique monétaire.
Cette dynamique exerce une pression sur le Livret A. Selon Capital, le taux pourrait se stabiliser entre 1,4 % et 1,5 % d’ici le 1er février 2026, en baisse par rapport à 1,7 % observé depuis août 2025. Ce changement s’inscrit dans un cadre plus large de normalisation des prix et d’un ralentissement général de l’économie.
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP), qui a longtemps été à l’avant-garde des livrets réglementés, suivra également cette tendance. Capital indique que le LEP pourrait perdre près d’un point de pourcentage par rapport à son taux actuel, résultat direct de la désinflation. Bien qu’il demeure supérieur au Livret A, le LEP s’éloigne des rendements exceptionnels vus entre 2023 et 2024.
Ce recul ne se limite pas à des chiffres, mais il illustre un changement de paradigme : les livrets retrouvent leur vocation initiale d’épargne sécurisée, au lieu de servir de refuge face à l’érosion des prix.
Quel rendement pour les livrets en 2026 ?
Lorsqu’on examine la réalité financière, il est évident que, à un taux de 1,5 %, un capital de 10 000 euros ne rapportera que 150 euros annuellement. En revanche, à 3 %, ce même montant aurait généré 300 euros. La différence est significative, surtout pour les ménages ayant augmenté leur épargne précautionneusement depuis le début de la pandémie.
Le LEP, qui s’adresse aux ménages à revenus modestes, devrait tout de même maintenir un certain attrait mais à un niveau moins intéressant que par le passé. Les prévisions estiment un taux se situant entre 2 % et 2,3 %. Cela permet de conserver une certaine attractivité, sans toutefois offrir le rendement exceptionnel des précédents cycles.
Cette tendance générale de baisse redéfinit les livrets : ils garantissent l’accès immédiat aux fonds et restent fiscalement neutres, mais manquent de la capacité à contrebalancer durablement l’inflation, même à un niveau modéré.
Un outil utile, mais moins performant
Les livrets réglementés demeurent un pilier essentiel pour établir un matelas de sécurité. Leur stabilité, leur liquidité totale et leur exonération fiscale légitiment leur rôle fondamental. Néanmoins, ils n’apportent plus une protection suffisante du pouvoir d’achat.
Capital souligne également que « ce produit ne doit plus être perçu comme un moyen d’amélioration patrimoniale. » Cette affirmation résume clairement les défis actuels. Les épargnants doivent faire la distinction entre sécurité — où les livrets excellent — et valorisation — où ils rencontrent des difficultés.
Le déclin anticipé des rendements en février 2026 s’inscrit dans cette logique : la stabilité macroéconomique fait son retour, les taux s’infléchissent et les livrets reprennent leur rôle naturel.
Quelles alternatives face à l’insuffisance des livrets ?
La diminution des rendements incite de plus en plus d’épargnants à envisager des ajustements dans leurs portefeuilles. L’objectif est de compléter, plutôt que de remplacer, les livrets, en ajoutant une composante de performance à côté de la sécurité.
Parmi les options souvent recommandées par les experts :
- des fonds euros modernisés, plus sélectifs et soutenus par des nouvelles stratégies obligataires ;
- des SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier), qui sont prisées pour leurs distributions régulières mais comportent également des risques en capital ;
- des portefeuilles diversifiés en ETF, destinés à ceux qui sont prêts à accepter une volatilité mesurée sur les marchés globaux.
Encore une fois, Capital met l’accent sur l’importance : « Diversifier ses investissements devient donc une nécessité pour éviter une érosion lente de son capital. » Cette recommandation reflète l’évolution d’un paysage financier où la sécurité seule ne suffit plus pour préserver la valeur réelle d’un patrimoine.