Hamid Enayat, politologue et spécialiste de l’Iran, collaborant avec l’opposition démocratique iranienne (CNRI), analyse la guerre actuelle au Proche-Orient et le rôle central de l’Iran, notamment sa responsabilité dans la escalade des tensions, rapporte TopTribune.
Le journal Tasnim, lié aux Gardiens de la révolution, accuse la France de complicité en matière de sanctions, soulignant son rôle dans l’activation du mécanisme de réactivation des sanctions (snapback). L’issue des discussions récentes entre les ministères des Affaires étrangères européens et l’Iran, ainsi que l’inefficacité de la rencontre du 26 août à Genève, corroborent l’idée que le régime iranien n’a pas l’intention de renoncer à son programme nucléaire.
Les avertissements de la Résistance iranienne sont clairs : l’absence de fermeté face à l’Iran mène inévitablement à la guerre. La situation à Gaza, marquée par des pertes humaines considérables, illustre cette réalité tragique. Des politiques d’apaisement ont permis au régime de progresser dans son programme nucléaire, contribuant ainsi à l’avènement du conflit.
Il est temps que l’Occident revoie sa politique envers l’Iran
Les enjeux iraniens vont au-delà du nucléaire et des missiles. La politique de l’Occident depuis quarante ans a engendré une impasse, ne prenant pas en compte la résistance du peuple iranien. Javaid Rehman, rapporteur spécial de l’ONU, a qualifié les violences des années 1980 de crimes contre l’humanité et a appelé à des poursuites judiciaires contre les responsables, mais la communauté internationale demeure silencieuse.
En juillet 2025, au moins 114 exécutions ont été documentées. Sous la présidence de Massoud Pezeshkian, l’Irak a enregistré 1 630 exécutions en une seule année. La peur d’une insurrection pousse le régime à réprimer violemment toute dissidence, alors même que les Iraniens font face à de graves pénuries.
La domination du régime s’accompagne d’une impunité internationale. Les dirigeants d’hier, responsables des massacres, continuent d’exercer leurs fonctions, sans crainte de répercussions.
Les années 1980 ont vu l’exécution de dizaines de milliers d’opposants politiques. En 1988, une fatwa de Khomeiny a entraîné un massacre massif de prisonniers politiques, au moment où le régime faisait face à des défaites sur le front irakien.
Destruction des tombes des moudjahidines : massacre des âmes
Récemment, le régime a nié l’existence de prisonniers politiques, rappelant les mensonges du passé. Actuellement, 3 700 prisonniers subissent des abus en détention, et la répression des partisans des Moudjahidines s’intensifie.
Le régime a récemment annoncé la transformation d’une parcelle du cimetière Behesht Zahra, où reposent de nombreuses victimes des purges, en parking. Ceci s’inscrit dans une stratégie visant à effacer les preuves de crimes passés.
Malgré les tentatives de détournement de l’attention, la résistance iranienne demeure. Les véritables menaces pour le régime proviennent de la volonté du peuple de vivre libre. La crise de légitimité du régime reflète la persistance de cette aspiration.
La communauté internationale doit reconnaître que la clé pour une paix durable au Moyen-Orient réside dans le soutien au peuple iranien en lutte pour sa liberté, et non dans la complaisance envers un régime répressif.