Les sushis : aliments sains ou malbouffe ?
Le riz, les algues, le poisson cru et le gingembre : sur le principe, les sushis et les makis présentent une belle promesse nutritionnelle. Cependant, leur véritable impact sur la santé est parfois mis en question, rapporte TopTribune.
Marine Boni, diététicienne à Nantes, souligne que la recette de base des sushis comprend une feuille d’algue, du riz, du vinaigre, du sucre et des garnitures généralement à base de poisson comme le thon ou le saumon, ainsi que des crustacés, des légumes ou de l’avocat. Les variantes offrent une diversité de choix allant des fromages aux oignons frits.
Les sushis présentent plusieurs atouts nutritionnels. Ils contiennent des féculents, des protéines et des légumes, qui, bien que présents en quantité limitée, peuvent être complétés par une salade de choux pour un meilleur équilibre. Le saumon et le thon sont notamment riches en oméga-3, essentiels pour un système nerveux et cardiovasculaire en bonne santé.
De plus, les algues utilisées sont sources d’iode, un minéral crucial pour le bon fonctionnement de la thyroïde, ainsi que de vitamine B12 et de fer. Les crudités apportent également des fibres et des nutriments vitaux. Cependant, une attention particulière doit être portée à la préparation. Le riz à sushi contient une quantité élevée de sucre, et les sauces qui l’accompagnent, comme la sauce soja sucrée ou salée, ajoutent des teneurs alarmantes en sucre et en sel. Boni alerte sur le risque d’une consommation excessive, notamment avec des sauces riches, qui peut transformer ce plat en un choix lourd sur le plan calorique.
La question se pose donc : les sushis sont-ils considérés comme de la junk-food ou comme une option saine ? Selon Marine Boni, tout dépend des ingrédients et de la quantité ingérée. Bien que les sushis soient généralement faibles en graisses saturées, leur qualité peut se voir altérée selon qu’ils proviennent de chaînes de restauration rapide ou de supermarchés, où les standards de qualité ne sont pas toujours respectés.
Il est fréquent que le saumon utilisé dans ces établissements soit d’élevage, contenant plus de graisses et potentiellement plus de polluants par rapport aux saumons sauvages. De plus, pour des raisons économiques, les portions de poisson sont souvent réduites au profit d’une quantité accrue de riz, augmentant ainsi l’indice glycémique du plat. La garniture peut également influencer la qualité nutritionnelle des sushis, les versions à base de surimi étant moins bénéfiques en calories et en nutriments qu’un classique à base de saumon.
Face à ces considérations, Boni conseille de préparer des sushis maison, ce qui peut s’avérer économique et donner plus de contrôle sur la qualité et l’équilibre nutritionnel des ingrédients utilisés. Pour ceux qui préfèrent les consommer à l’extérieur, il est recommandé de privilégier les petits restaurants japonais aux chaînes de supermarchés, bien que cela soit souvent à un coût plus élevé.
La nature addictive des sushis est provoquée par l’association de saveurs sucrées, salées et grasses qui peuvent stimuler le plaisir gustatif. Ce phénomène est renforcé par la présence de glutamate, un neurotransmetteur qui incite à consommer davantage de ces mets savoureux.
Boni conclut qu’il n’y a pas de raison de se priver de sushis, mais il est essentiel d’opter pour la qualité et de modérer leur consommation. Pour les sushis au saumon, une fréquence bi-mensuelle est jugée acceptable, tandis que ceux qui choisissent des options végétariennes peuvent en consommer plus souvent. Pour une meilleure expérience, il est conseillé de les accompagner d’une soupe miso ou d’une salade, soit bien plus bénéfiques pour la santé que d’ajouter du riz.