Une étude récemment publiée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) révèle que l’argent, bien qu’il ne garantisse pas le bonheur, contribue à prolonger la durée de vie. En effet, entre 2020 et 2024, les hommes appartenant aux 5 % les plus riches affichent une espérance de vie à la naissance de 85 ans, tandis que ceux des 5 % les plus pauvres atteignent seulement 72 ans, soit un écart de 13 ans, rapporte TopTribune.
Pour les femmes, cet écart est moins marqué : 88,7 ans pour les plus aisées contre 80,1 ans pour les plus modestes, un écart de 9 ans. L’étude souligne également une aggravation des inégalités de santé entre 2012-2016 et 2020-2024, avec un allongement de l’écart d’espérance de vie, passant de 8,3 à 8,7 ans chez les femmes et de 12,7 à 13,0 ans chez les hommes. L’Insee indique que cette situation résulte d’un accroissement des causes de décès socialement inégalitaires au cours de cette période.
Niveau de vie, diplôme et catégorie sociale au cœur des inégalités
Les raisons de cette disparité sont multiples :
- Le niveau de vie influence directement la santé, car des difficultés financières limitent l’accès aux soins : 3,2 % des individus parmi les 20 % les plus pauvres ont renoncé à des examens médicaux pour des raisons financières, contre 1,8 % pour l’ensemble de la population ;
- Le niveau de vie est aussi lié à la catégorie sociale et au niveau d’études, qui influencent l’état de santé. Les cadres sont moins exposés aux risques professionnels que les ouvriers, et les comportements à risque sont moins fréquents chez les diplômés. Par exemple, 21 % des adultes sans diplôme fument quotidiennement, contre 13 % des diplômés du supérieur ;
- Le diplôme et la catégorie sociale impactent également la littératie en santé, soit la capacité à accéder et comprendre les informations sanitaires ;
- Un mauvais état de santé peut parfois être la cause d’un faible niveau de vie, entraînant des interruptions d’études ou des difficultés à accéder à des emplois qualifiés.
Les maladies chroniques inégalitaires socialement
Selon l’enquête, à 50 ans, 8,3 ‰ des hommes des milieux modestes décèdent dans l’année, contre seulement 1,2 ‰ chez les plus aisés, ce qui fait un risque de décès 7 fois plus élevé chez les moins favorisés. Cette différence diminue avec l’âge, mais atteint encore 6 ans à 60 ans et 2 ans à 80 ans. À 20 ans, l’écart est de 3 ans. Chez les femmes, le rapport de risque culmine à 55 ans, avec une proportion de décès de 6,7 ‰ chez les plus modestes contre 1,2 ‰ chez les plus aisées.
Ces écarts sont en grande partie liés aux maladies chroniques, dont l’impact est particulièrement inégalitaire sur le plan social à 50 ans.
À noter : L’espérance de vie à la naissance représente la durée de vie moyenne d’une génération hypothétique soumis aux conditions de mortalité de l’année considérée.