Les députés adoptent une nouvelle taxe de 2 euros sur les petits colis.

Les députés adoptent une nouvelle taxe de 2 euros sur les petits colis.

20.11.2025 09:56
3 min de lecture

Le 19 novembre 2025, l’Assemblée nationale a validé la taxe de 2 euros sur les petits colis importés en provenance de pays hors de l’Union européenne. Cette nouvelle imposition, qui s’intègre dans le projet de budget 2026, se traduira par un prélèvement fixe pour chaque envoi d’une valeur inférieure à 150 euros. Ce dispositif, visant à toucher à la fois les consommateurs et les plateformes étrangères, est devenu un sujet central dans les discussions politiques et économiques, rapporte TopTribune.

Une taxe conçue pour améliorer les contrôles douaniers

Cette taxe de 2 euros s’appliquera à tous les petits colis importés, comme précisé par l’Assemblée nationale dans un amendement au Budget 2026. Selon le gouvernement, l’objectif principal est d’augmenter les capacités de contrôle, un besoin légitime alors que la France reçoit annuellement plus de 1,5 milliard de colis issus du e-commerce, comme l’indique RTL. Environ la moitié de ces envois sont d’une valeur inférieure à 150 euros, ce qui les exempte des droits de douane traditionnels. Cette dynamique a facilité l’essor d’envois à bas prix, fréquemment originaires de Chine, mettant ainsi sous pression les services douaniers.

Pour justifier cette taxation, le gouvernement mise sur un chiffre clé : cette mesure devrait générer environ 500 millions d’euros, fonds destinés à l’acquisition de nouveaux scanners et au recrutement de douaniers supplémentaires. Cependant, cette taxe suscite des inquiétudes au sein de l’opposition. « Faire croire aux Français qu’en taxant les petits colis, vous arriveriez à augmenter considérablement le nombre de contrôles, c’est être déconnecté de la réalité», a réagi Marine Le Pen, leader du Rassemblement national, selon Les Échos. Pour ses opposants, ce dispositif semble davantage être une taxe de rendement qu’un véritable outil opérationnel adapté aux flux massifs en provenance d’Asie.

Des controverses sur ses implications économiques et sociales

La taxe de 2 euros intervient dans un cadre où la concurrence internationale est particulièrement robuste. Les plateformes de vente en ligne basées hors d’Europe, bien implantées sur le marché français, sont au centre des préoccupations. Néanmoins, cette mesure est remise en question par une partie des responsables politiques. « Ce n’est pas une taxe destinée à freiner la concurrence déloyale chinoise, c’est une taxe sur la consommation des classes populaires et des classes moyennes », a déclaré le député Jean-Philippe Tanguy, comme relevé par Les Échos. Les critiques concernent également son aspect social : une taxe forfaitaire appliquée de manière uniforme pourrait alourdir le coût de produits souvent vitaux pour les ménages à budget limité.

Cette préoccupation dépasse le cadre politique. Les acteurs du secteur soulignent également que cette mesure est insuffisante pour rétablir un équilibre face à la concurrence déloyale. Ainsi, le débat révèle un contraste frappant : d’une part, une volonté de renforcer les contrôles sur les importations hors d’Europe ; d’autre part, des doutes sur l’efficacité à court terme d’une taxation modeste, surtout en rapport avec le volume élevé d’envois.

Un marché immense et des modalités d’application toujours floues

La taille du marché des petits colis accentue les enjeux associés à cette taxe. En effet, près de 1,5 milliard de colis circulent chaque année vers les foyers français, d’après RTL, présentant un défi logistique d’une ampleur sans précédent pour les douanes. Pour la majorité parlementaire, instaurer cette taxe représente l’un des rares moyens d’assurer une amélioration rapide des capacités de contrôle, notamment grâce à des financements dédiés pour l’acquisition de nouveaux équipements et l’augmentation des équipes spécialisées.

Cependant, la mise en œuvre réelle de cette taxe soulève déjà des questions. D’abord, le montant forfaitaire de 2 euros pourrait être absorbé par certaines plateformes qui jouent sur les prix, limitant ainsi son efficacité sur les importations. Ensuite, les détails techniques concernant la collecte, notamment par les opérateurs postaux, doivent être précisés pour éviter des retards ou des surcoûts administratifs. Enfin, plusieurs parlementaires estiment que le système doit être intégré dans un cadre européen plus large pour prévenir les contournements, fréquents dans le commerce transfrontalier. À ce sujet, de nombreux experts craignent que la taxe n’ait qu’un impact marginal si elle n’est pas accompagnée d’une coopération accrue.

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