Le polyester recyclé produit plus de microplastiques que le polyester vierge selon une étude

Le polyester recyclé produit plus de microplastiques que le polyester vierge selon une étude

10.12.2025 21:36
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Des données troublantes sur le polyester recyclé soulignent ses dangers environnementaux

Une enquête menée par l’ONG Changing Markets remet en question l’image écologique du polyester recyclé, largement promu par l’industrie de l’habillement. Selon des recherches de l’université Çukurova en Turquie, ces fibres, présentées comme durables, libèrent 55 % de microplastiques supplémentaires lors du lavage par rapport au polyester vierge, avec des particules 20 % plus petites, rendant la contamination des écosystèmes encore plus probable, rapporte TopTribune.

Les tests ont porté sur 51 vêtements de grandes marques internationales. Les résultats montrent que Nike est l’un des pires élèves en matière d’émission de microfibres : son polyester recyclé a perdu plus de 30 000 fibres par gramme, un niveau quasi quatre fois supérieur à celui observé chez H&M et environ sept fois plus élevé que chez Zara. Adidas se révèle également être un émetteur important de microplastiques. En revanche, Shein présente un cas particulier : ses articles en polyester recyclé libèrent autant de particules que ceux en polyester vierge, et certains produits changent d’étiquetage entre deux achats, selon l’ONG.

Une « fraude au polyester » dénoncée par Changing Markets

Changing Markets évoque une « fraude au polyester », affirmant avoir constaté des incohérences similaires chez H&M et Nike. Selon l’organisation, l’industrie textile détourne principalement les bouteilles en plastique pour la production de vêtements, au lieu de diminuer sa dépendance aux fibres synthétiques. « La mode commercialise le polyester recyclé comme une solution verte, alors que nos résultats montrent qu’il aggrave le problème de la pollution », a déclaré Urska Trunk, directrice de campagne de l’ONG, appelant à une réduction et une élimination de la production de fibres synthétiques.

L’étude souligne que 98 % du polyester recyclé provient de bouteilles PET, et non de déchets textiles. De plus, les fibres issues des combustibles fossiles représentent près de 69 % de la production mondiale, dont 59 % de polyester (avec 12 % de polyester recyclé).

Les marques répondent aux critiques

Face à ces accusations, Adidas affirme que « l’utilisation de polyester recyclé apporte un bénéfice environnemental », insistant sur le fait qu’aucun pétrole brut n’est nécessaire pour produire ce matériau, qui génère significativement moins d’émissions de gaz à effet de serre. La marque fait également référence à des études du Microfibre Consortium qui ne révèlent pas de différences notables entre les fibres neuves et recyclées concernant la libération de microfibres.

H&M, quant à elle, affirme être consciente des enjeux environnementaux et « partager les préoccupations concernant l’impact des fragments de fibres ». L’enseigne précise que le polyester ne représente que 22 % de sa production et qu’elle travaille sur des procédés visant à réduire ces émissions. Cependant, Nike, Shein et Zara n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de l’AFP.

La polémique autour du polyester recyclé souligne la nécessité d’une transparence accrue dans l’industrie de la mode. Alors que la consommation de vêtements continue d’augmenter, la question de l’impact environnemental de ces matériaux ne saurait être ignorée. Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à l’origine et à la composition des produits qu’ils achètent, posant un défi important aux marques qui doivent désormais justifier leurs choix de production.

Les implications pour l’avenir de l’industrie textile

Alors que les consommateurs demandent une mode plus éthique et durable, cette enquête pourrait pousser l’industrie à revoir ses pratiques. Les marques pourraient être appelées à créer des alternatives véritablement écologiques et à promouvoir une plus grande durabilité, tout en garantissant la transparence quant aux impacts environnementaux de leurs produits. La nécessité de ponts entre la mode et la responsabilité environnementale n’a jamais été aussi pressante.

Cette crise révèle l’urgence d’adopter des pratiques responsables et d’explorer des alternatives plus durables afin de répondre aux attentes des consommateurs et de contribuer à la lutte contre la pollution des microplastiques. À l’heure où la communauté mondiale s’engage dans des efforts pour réduire les déchets et protéger l’environnement, l’industrie de l’habillement doit impérativement s’adapter.

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