Lors d’une séance à l’Assemblée nationale ce mardi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a dû faire face à des critiques acerbes de l’opposition, affichant un agacement palpable, laissant entendre une fébrilité croissante face à la crise gouvernementale actuelle. Coincé dans l’œil du cyclone après les violences et les pillages survenus le week-end dernier, Nuñez a déclaré sa démission par responsabilité, même si le président de la République a rejeté cette option. Alors qu’une nouvelle journée de manifestations est prévue ce samedi, le ministre est sous pression intense, rapporte TopTribune.
« Une carrière impressionnante, mais… »
Nommé à l’Intérieur en octobre 2025, Laurent Nuñez a souvent été salué pour sa connaissance approfondie des enjeux de sécurité. Il avait été reconnu par Emmanuel Macron comme le « maître d’œuvre de la sécurisation » des Jeux olympiques d’été de 2024 à Paris. Cependant, son parcours n’a pas été exempt de controverses, incluant des échecs lors de l’accueil du président au Salon internationales de l’agriculture en 2024 et des troubles lors des victoires du PSG en Ligue des champions en 2025 et 2026, sans oublier les émeutes après la mort de Nahel durant l’été 2023.
Malgré ses compétences techniques, certains députés, comme Éric Pauget, soulignent que le ministre semble manquer d’une dimension politique essentielle, ce qui le place dans une position d’inefficacité face aux attentes du public qui réclame des sanctions politiques ferme après les incidents du week-end dernier.
« Une fébrilité inquiétante »
Laurent Nuñez se trouve sous le feu des critiques pour sa gestion des manifestations lycéennes, où il a été accusé de minimiser les violences policières. Sa responsabilité dans les « failles » de sécurité pendant la manifestation du 17 octobre lui est directement attribuée. Ayant reconnu une « perte de contrôle » dans certaines villes, son intervention à l’Assemblée nationale a révélé sa vulnérabilité, en particulier face à l’opposition qui ne l’a pas ménagé. Une ancienne ministre macroniste a observé qu’il paraissait « fébrile » et souvent isolé au sein du gouvernement.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a tenté de soutenir l’autorité de l’État en évitant de critiquer ouvertement son homologue, tout en suggérant que Nuñez reste un « haut fonctionnaire » sans ambitions politiques. Cela ne fait qu’ajouter à l’incertitude entourant la position de Nuñez alors qu’il est confronté à une pression sans précédent.
« Des renseignements mis sur la sellette »
Les députés du bloc central n’ont pas volé à son secours lors des débats houleux avec les élus de RN et LFI. Bien que certains aient noté une reprise de la détermination de Nuñez, d’autres expriment des inquiétudes quant à son manque d’empathie, conséquence potentielle de son parcours non élu. Un député du mouvement Horizons a ainsi regretté la façon dont Nuñez a dissocié les responsabilités des défaillances au sein des services de renseignement, en citant son expérience alors qu’il était responsable du renseignement.
Nuñez a également vu son autorité ébranlée par un article de Mediapart suggérant que le gouvernement avait pu pousser le renseignement à accuser la France Insoumise après les actes de violence. Il a vigoureusement nié ces accusations tout en défendant l’innocence de LFI dans la gestion de la situation, soulignant le contexte critique qui se fragilise autour de lui.
En interne, le soutien des forces de l’ordre à Nuñez semble s’amenuiser. Des représentants syndicaux pointent son incapacité à résoudre des problèmes de long terme liés à la sécurité nationale. Le ministère de l’Intérieur a néanmoins annoncé une mobilisation des forces de l’ordre augmentée de 20 % pour anticiper le prochain acte de manifestations, incluant un déploiement de blindés et d’unités d’élite. La question reste cependant de savoir si ces mesures seront suffisantes pour prévenir de nouveaux échecs et maintenir la stabilité gouvernementale, comme le souligne une députée macroniste, tandis que des voix évoquent une possible seconde chance pour le ministre en difficulté.
