15 000 nouveaux cas de cancer du pancréas en France en 2023
En France, près de 16 000 nouveaux cas de cancer du pancréas ont été recensés en 2023, avec une incidence en hausse d’environ 2 % chaque année. Neuf cancers du pancréas diagnostiqués sur dix sont des « adénocarcinomes canalaires », rapporte TopTribune.
Cela signifie qu’ils se développent à partir des cellules produisant le suc pancréatique, qui sécrètent les enzymes digestives indispensables. Les 10 % restants sont des tumeurs rares du pancréas.
Entre 1990 et 2018, le taux d’incidence des cancers du pancréas a augmenté selon un rythme moyen de 2,7 % par an chez les hommes et, de manière plus soutenue, de 3,8 % chez les femmes.
Les causes : encore au stade d’hypothèses
Les raisons de la hausse de l’incidence du cancer du pancréas ne sont pas complètement comprises. Elle pourrait être due à une meilleure détection grâce aux progrès des techniques d’imagerie, à un meilleur enregistrement des cas et probablement à une augmentation des facteurs de risque bien démontrés tels que l’obésité, le diabète et le tabagisme.
Si la pancréatite chronique et les facteurs génétiques de susceptibilité contribuent, tous ces facteurs ne peuvent expliquer à eux seuls l’augmentation de l’incidence. Les chercheurs explorent d’autres pistes, notamment les changements radicaux du mode de vie depuis les années 1980, tels que l’industrialisation de l’alimentation.
Des molécules spécifiques comme les nanoparticules pourraient également jouer un rôle, tout comme l’augmentation de l’utilisation des pesticides et des métaux lourds dans l’alimentation et dans l’eau.
La piste des pesticides se précise
L’exposition aux pesticides serait bien liée à un risque accru d’adénocarcinome du pancréas, selon deux études françaises présentées lors du congrès de la Société nationale française d’hépato-gastroentérologie (JFHOD), en mars 2024. Bien que de faible ampleur, cette association est robuste, surtout en ce qui concerne trois substances spécifiques : le mancozèbe, le glyphosate et le soufre en pulvérisation.
Pour chaque augmentation de 2,5 kg de pesticides par hectare sur une période de 11 ans, le risque d’adénocarcinome du pancréas augmente de 0,9 à 1,4 %. En France, environ 300 substances de pesticides sont autorisées et près de 65 000 tonnes sont appliquées chaque année, ce qui place la France en tête des pays consommateurs en Europe.
Une seconde étude a concerné quatre autres substances associées à un risque accru de cancer du pancréas. Bien que leur utilisation soit interdite depuis les années 1990, elles sont encore présentes dans les sols et l’air.
L’enjeu : intervenir au stade localisé
La progression du nombre de cancers du pancréas soulève de vives inquiétudes, notamment en raison de l’absence de traitement réellement efficace au stade métastatique ou localement avancé. Actuellement, la chirurgie et la chimiothérapie, parfois associée à la radiothérapie, restent les principaux traitements pour cette maladie.
Cette intervention implique l’ablation de la partie du pancréas où la tumeur est localisée, ainsi que des organes voisins éventuellement touchés. Cependant, cette procédure n’est bénéfique que lorsque la tumeur est strictement limitée au pancréas. Il est regrettable que seulement 10 % à 20 % des cas soient opérables au moment du diagnostic, en raison de l’évolution souvent silencieuse de la maladie.
Généralement, le cancer du pancréas se développe sans provoquer de symptômes. Ainsi, lorsque les premiers signes apparaissent, tels que la perte d’appétit, la perte de poids ou la jaunisse, la tumeur est souvent déjà bien avancée. En effet, tous stades confondus, le taux de survie à 5 ans est d’environ 7 %.