La consommation de cocaïne en forte augmentation en France
La consommation de cocaïne en France connaît une hausse significative, passant de 1,8 % en 2000 à 9,4 % en 2023, selon les chiffres les plus récents. Cette augmentation est particulièrement marquée chez les jeunes adultes de 25 à 34 ans, avec 5,4 % d’usagers récents. Les motivations de consommation incluent la recherche de performance et la gestion du stress, et 42 % des festivaliers avouent consommer de la cocaïne pour des raisons récréatives, rapporte TopTribune.
Parmi les modes de consommation, 64 % des usagers préfèrent le sniff, 25 % l’inhalation, et 9 % l’injection. Bien que l’expérimentation de la cocaïne semble avoir diminué chez les adolescents, avec des taux passant de 2,8 % en 2017 à 1,4 % en 2022 pour ceux âgés de 17 ans, la France demeure au-dessus de la moyenne européenne : 2,7 % des jeunes de 15-16 ans ont déjà consommé de la cocaïne, contre 1,9 % dans l’UE.
Conséquences sur la santé et risques associés
La consommation de cocaïne engendre des risques sanitaires sévères, notamment des troubles cardiovasculaires et des lésions ORL. Des problèmes cognitifs peuvent également se développer, tels que des troubles de l’attention, de la mémoire et de l’apprentissage. Les conséquences touchent non seulement la personne consommatrice, mais aussi son entourage, incluant des comportements violents et des violences intrafamiliales, souvent avec des enfants comme victimes collatérales.
Les experts notent par ailleurs une forte association entre la consommation de cocaïne et la présence de troubles psychiatriques, tels que le stress post-traumatique et les troubles de l’humeur, augmentant le risque de développer des troubles de l’usage de la drogue.
Absence de traitements efficaces
À ce jour, aucun traitement pharmacologique n’a reçu l’autorisation de mise sur le marché pour la dépendance à la cocaïne. Toutefois, certaines options, comme la NAC (N-acétyl-cystéine) et le topiramate, montrent un potentiel mais nécessitent des études supplémentaires pour établir leur efficacité. D’autres pistes thérapeutiques sont explorées, notamment l’utilisation de médicaments tels que la kétamine, le méthylphénidate, et des approches innovantes comme un vaccin « anti-cocaïne ».
En parallèle, des thérapies comportementales se révèlent efficaces dans le traitement des addictions, en particulier celles intégrant des incitations motivationnelles. Par exemple, le programme Tapaj a significativement réduit la délinquance de 30 % et pourrait réduire les hospitalisations des personnes sans-abri consommant de la cocaïne si couplé avec des initiatives telles que « Housing First ».
Réformes nécessaires dans la politique pénale
Les experts critiquent également la répression actuelle, accusée de stigmatiser encore davantage les consommateurs et d’aggraver leurs problèmes sociaux et sanitaires. Plusieurs d’entre eux plaident pour une décriminalisation inspirée du modèle canadien, qui pourrait faciliter l’accès aux soins, accompagnée de mesures sociales et sanitaires pour améliorer l’efficacité des traitements. L’accent devrait être mis sur la lutte contre le trafic à grande échelle, plutôt que sur les usagers en situation de précarité.