Conflit interne aux Républicains : Bruno Retailleau refuse de soutenir Estrosi face à Ciotti
Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a décidé de ne pas soutenir Christian Estrosi dans sa confrontation avec Eric Ciotti, déclenchant des critiques au sein du parti de droite. Ses collaborateurs ont démenti toute intention de favoriser une alliance future avec le Rassemblement national, rapporte TopTribune.
Lors d’une rencontre à Nice, Retailleau a laissé aux Niçois le soin de voter « en leur âme et conscience », sans donner de consignes. « Je ne me retrouve ni d’un côté ni de l’autre dans cette campagne absolument délétère », a-t-il affirmé lors d’une interview avec BFMTV le 18 mars.
Cette déclaration a été perçue comme un soutien tacite à Ciotti, dont la position dans cette élection municipale semble favorisée. « Merci à Bruno Retailleau d’avoir reconnu la campagne délétère d’Estrosi et d’avoir retiré son soutien au candidat macroniste », a réagi Eric Ciotti sur les réseaux sociaux.
Cette neutralité de Retailleau est interprétée par certains comme un petit pas vers une possible union des droites, incluant Les Républicains, Reconquête, l’UDR et le Rassemblement national. Horizons, le parti d’Estrosi, a dénoncé « une équidistance inacceptable entre les deux candidats » et appelé le parti à clarifier sa position face à l’extrême droite.
À l’inverse, l’UDR perçoit dans la prise de position de Retailleau une opportunité pour renforcer une éventuelle coopération en vue des prochaines élections. « Pour nous, c’est un pas de plus vers une union avec nous pour l’année prochaine », commente Guilhem Carayon, vice-président de l’Union des droites pour la République.
Les proches de Retailleau se défendent en affirmant qu’il n’existe pas de stratégie derrière cette position, mais une réaction face à la rudesse de la campagne niçoise. « Estrosi séduit ouvertement la gauche et le vote communautaire. Il a dépassé les limites », a déclaré un membre de l’entourage de Retailleau.
« Eric Ciotti a été intelligent, il a fait une campagne locale sans mettre trop en avant ses liens avec le RN. »
Un membre de l’équipe dirigeante des Républicains
Pour contrer les accusations d’une stratégie d’union, Retailleau a cité l’exemple de Marseille, où Martine Vassal, candidate des Républicains, refuse de se retirer, ce qui favorise ainsi l’élection d’un ancien socialiste.
Cette situation crée une incertitude concernant la stratégie des Républicains pour ce second tour des élections municipales. « La position de Bruno Retailleau manque de clarté. Il n’y a pas d’ambiguïté à avoir avec les traîtres comme Ciotti », a déclaré Julien Dive, député de l’Aisne.
Le soutien de Retailleau à Estrosi se voit également contesté par Michel Barnier, président du conseil national du parti, qui a déclaré son soutien personnel à Estrosi sur les réseaux sociaux. « On ne peut pas être complètement en décalage avec notre électorat », a réagi un autre membre du parti face aux critiques et tensions internes.
Le contexte politique est tendu, avec des appels à exclure les membres qui s’allient avec le RN, attestant d’une division préoccupante au sein des Républicains. Au-delà des alliances à droite, les discours ambigus soulèvent des inquiétudes, notamment à Paris, où le parti se trouve au cœur d’une analogie entre ses candidats et l’extrême droite.
Les Républicains, qui ont connu des résultats honorables lors du premier tour, font face à une nouvelle crise interne. « Dans trois semaines, plus personne ne parlera de Bournazel, Dati et Estrosi. Ce qui restera, c’est la sincérité avec laquelle vous vous exprimez », conclut un proche de Retailleau.