Alors que le gouvernement suisse a ordonné le blocage immédiat des avoirs de Nicolás Maduro pour prévenir toute fuite de capitaux, la question de la saisie des cryptomonnaies, en particulier le bitcoin, se pose avec acuité. En effet, l’ancien président vénézuélien et son épouse Cilia Flores ont été arrêtés par les États-Unis début janvier, marquant un tournant dans la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent aux niveaux international et régional, rapporte TopTribune.
La décision de la Confédération helvétique illustre la distinction entre monnaies traditionnelles et cryptomonnaies. Si les fonds en devises classiques peuvent être facilement gelés, les cryptomonnaies, grâce à leur nature décentralisée, échappent à de telles mesures. Renaud Lifchitz, expert en cybersécurité, souligne que le bitcoin peut être considéré comme ayant un double aspect. D’une part, il est incensurable, permettant à quiconque de réaliser des transactions sans pouvoir d’intervention. D’autre part, les bitcoins demeurent inaccessibles tant que l’individu conserve sa clé privée secrète.
Ce principe fondamental du bitcoin est énoncé dans le livre blanc de Satoshi Nakamoto, publié en 2008, qui le décrit comme un « système de paiement purement pair-à-pair » permettant des transactions directes sans intermédiaire. En 2025, tant les particuliers soucieux de préserver leur vie privée que des États, comme le Venezuela et la Russie, utilisent le bitcoin pour contourner les sanctions financières.
Cette caractéristique des cryptomonnaies découle de leur stockage sur la blockchain. Contrairement à d’autres actifs, les cryptomonnaies ne se trouvent pas à un emplacement physique unique, ce qui les rend insaisissables. Lifchitz rappelle que des précautions doivent être prises pour garantir la protection des bitcoins. « La clé privée doit être conservée sur un système non-dépositaire », recommande-t-il, suggérant l’utilisation de portefeuilles froids, plus sécurisés que les options en ligne.
Protéger vos bitcoins
En matière de sécurité, il est primordial de ne pas stocker ses cryptomonnaies sur des plateformes d’échange, car celles-ci peuvent être facilement saisies sur demande judiciaire. De plus, le bitcoin, en tant que monnaie native d’une blockchain, reste incensurable, contrairement aux jetons créés sur d’autres plateformes, qui peuvent être soumis à des contrôles.
En ce qui concerne les supposées détentions de bitcoins par Maduro, la capacité des États-Unis à saisir ces actifs, même avec des interceptions, dépendra de leur accès aux mots de passe nécessaires à la récupération des fonds. Lifchitz conclut qu’une saisie effective serait impossible à moins que les autorités ne parviennent à obtenir ces 12 ou 24 mots essentiels.