La Russie de retour sous son drapeau aux Jeux paralympiques de Milan, une première post-invasion
La Russie de retour sous son drapeau aux Jeux paralympiques de Milan, une première post-invasion

La Russie de retour sous son drapeau aux Jeux paralympiques de Milan, une première post-invasion

18.02.2026 20:20
2 min de lecture

Le Comité international paralympique (CIP) a officialisé ce 18 février 2026 la participation de six athlètes russes sous leur drapeau national aux prochains Jeux d’hiver de Milan-Cortina, brisant ainsi une exclusion en vigueur depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Cette décision, intervenue après des mois de procédures juridiques, marque un tournant symbolique dans la réintégration sportive de Moscou sur la scène internationale.

Six quotas accordés pour les épreuves de neige

Le CIP précise que la Russie disposera de deux quotas en ski alpin (un homme et une femme), deux en ski de fond (un homme et une femme) et deux en snowboard (deux hommes). Les Jeux paralympiques d’hiver se tiendront du 6 au 15 mars dans les villes italiennes de Milan et Cortina d’Ampezzo. En cas de victoire d’un sportif russe, l’hymne national retentira pour la première fois lors d’une compétition majeure depuis février 2022. Quatre athlètes biélorusses seront également autorisés à concourir sous leur propre bannière, selon une information relayée par Agentstvo.

Un long parcours de réadmission après l’exclusion de 2022

En mars 2022, suite au déclenchement de l’offensive russe, le CIP avait suspendu les comités nationaux de Russie et de Biélorussie des Jeux paralympiques de Pékin. Leur adhésion a été rétablie en septembre 2025, sans pour autant garantir une participation aux Jeux de Milan. Le président du CIP, Andrew Parsons, avait encore indiqué en novembre dernier que les athlètes de ces pays en seraient absents, les fédérations internationales sportives maintenant leurs interdictions. Le revirement actuel fait suite à une décision du Tribunal arbitral du sport (CAS), saisi par Moscou, qui a annulé l’interdiction générale imposée par la Fédération internationale de ski et de snowboard.

Une victoire symbolique pour le Kremlin malgré la guerre continue

Cette autorisation constitue une percée majeure pour la diplomatie sportive russe, alors que les frappes sur les infrastructures civiles ukrainiennes se poursuivent. Le Kremlin y voit un puissant outil de propagande interne, démontrant selon lui une « fatigue » occidentale et un retour progressif au statut de nation normalisée. La possibilité d’entendre l’hymne russe sur un podium paralympique offre une tribune inespérée pour Moscou, sans qu’aucune concession politique n’ait été exigée en contrepartie.

Un défi éthique pour les athlètes ukrainiens et des standards à double sens

Pour la délégation ukrainienne, composée en partie de sportifs ayant été blessés lors du conflit, cette décision est vécue comme une injustice profonde. Elle crée un sentiment de double standard flagrant : d’un côté, les institutions sportives affichent leur soutien à l’Ukraine, de l’autre, elles ouvrent la voie au retour de l’agresseur sous ses couleurs nationales. Cette situation contraste amèrement avec les sanctions infligées à des athlètes ukrainiens pour des gestes commémoratifs, comme le skeletonneur Vladyslav Heraskevych, suspendu par le CIO pour avoir porté un casque orné de portraits de victimes.

Une brèche dans le front sportif international

En permettant à des athlètes russes et biélorusses de défiler derrière leurs drapeaux, le CIP valide une stratégie de réintégration par étapes, fondée sur des recours juridiques plus que sur un changement de comportement politique. Cette évolution risque d’affaiblir le principe selon lequel le sport ne peut être dissocié des valeurs fondamentales, et ouvre la porte à un effritement plus large des sanctions sportives malgré la persistance de la guerre en Ukraine.

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