La Colombie opte pour le Gripen suédois au détriment du Rafale français
La Colombie a arrêté son choix sur le chasseur JAS 39 Gripen, fabriqué par Saab, pour remplacer sa flotte vieillissante de Kfir. Cette décision, rapportée par le magazine Science et Vie, met de côté le Rafale proposé par Dassault Aviation. Le contrat, dont la valeur s’élève à 3,2 milliards d’euros, prévoit l’acquisition de seize Gripen pour moderniser l’armée colombienne. Ce choix fait suite à des négociations qui avaient initialement placé le Rafale en bonne position pour remporter ce marché, l’appareil français étant vu comme une option viable pour la modernisation de la flotte. Toutefois, la présidence colombienne a décidé de privilégier le modèle suédois.
Cette inversion de situation est d’autant plus inattendue que l’offre de Dassault était en réalité plus avantageuse sur le plan financier, s’élevant à 2,96 milliards d’euros, un montant inférieur à celui de l’offre suédoise. En effet, des documents émanant du ministère de la Défense colombien mettent en lumière que ce contrat vise à renforcer la défense aérienne du pays.
De son côté, Saab a promis des bénéfices industriels considérables, incluant l’établissement d’un centre de maintenance, des projets d’innovation diversifiés et la création d’emplois, bien que le nombre exact d’emplois n’ait pas été communiqué. Ce choix contraste avec les affirmations antérieures de Gustavo Petro, le président colombien, qui avait exprimé son opposition à tout investissement pour de nouveaux chasseurs. La question se pose maintenant de savoir comment ces dépenses en armement seront équilibrées avec les investissements requis pour soutenir les populations les plus vulnérables, notamment à travers des initiatives comme l’implantation d’usines de panneaux solaires ou des solutions pour l’accès à l’eau potable.
Pour Dassault Aviation, perdre ce contrat en Colombie représente un coup dur pour la réputation de l’industrie militaire française. Cette situation s’ajoute à l’échec antérieur du contrat majeur avec l’Australie concernant des sous-marins d’une valeur de 32,3 milliards d’euros. Pourtant, malgré cette perte, le Rafale continue de susciter de l’intérêt ailleurs. En avril 2025, l’Inde a signé un accord avec la France pour l’acquisition de 26 Rafale destinés à sa marine, faisant suite à la livraison de 36 appareils dans le cadre de l’armée indienne, tandis qu’un contrat supplémentaire pour 40 avions est toujours en négociation avec New Delhi.
Depuis son introduction sur le marché, plus de 500 Rafale ont été fabriqués et vendus à travers le monde, avec 234 appareils destinés à l’armée française et 273 pour les clients internationaux, témoignant ainsi de l’attrait continu de ce chasseur polyvalent dans le secteur de la défense.
