La France demande un report du vote sur l'accord Mercosur prévu cette semaine

La France demande un report du vote sur l’accord Mercosur prévu cette semaine

16.12.2025 07:16
2 min de lecture

Tensions croissantes entre Bruxelles et Paris à l’approche d’un accord crucial

À l’approche de la signature potentielle de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, la tension monte entre Bruxelles et Paris. Ce lundi, la Commission européenne a réaffirmé son intention de conclure cet accord ambitieux lors du sommet du Mercosur prévu samedi à Foz do Iguaçu, au Brésil, sous la direction d’Ursula von der Leyen. Cependant, avant de procéder, la présidente doit obtenir l’approbation des États membres, tandis que la France demande un report du vote à l’année prochaine, rapporte TopTribune.

Contexte de l’accord Mercosur

Negocié depuis plus de vingt ans, cet accord serait l’un des plus significatifs dans l’histoire des relations commerciales de l’UE, créant un marché commun de 722 millions d’habitants qui faciliterait l’exportation de produits européens comme les voitures et le vin, tout en ouvrant le marché européen à des produits agricoles d’Amérique latine, tels que la viande et le sucre.

Toutefois, pour contrer une « concurrence déloyale », le gouvernement français souhaite inclure des mesures de protection dans le traité. Un proche d’Emmanuel Macron a affirmé : « À ce stade, le compte n’y est pas pour protéger les agriculteurs français. Les exigences françaises n’ont pas été remplies ».

Les exigences de la France

La France demande que l’accord soit accompagné de clauses de sauvegarde pour protéger ses filières agricoles de toute perturbation de marché, ainsi que des « mesures-miroir » en matière de normes environnementales, notamment pour les pesticides et l’alimentation animale. La députée européenne Fabienne Keller a déclaré : « L’accord ne doit être signé que si ces deux conditions sont bien prises en compte. Sinon, les négociations continueront ».

Ce mardi, des eurodéputés se pencheront sur ces mesures de sauvegarde destinées à rassurer les agriculteurs français. Cependant, des inquiétudes subsistent concernant l’efficacité réelle de ces mesures. David Cormand, eurodéputé écologiste, a qualifié la situation de « vent » et a averti que l’accord risquait d’être adopté malgré la résistance française.

Ambitions et incertitudes d’Emmanuel Macron

Les positions d’Emmanuel Macron sur le Mercosur ont varié depuis son arrivée au pouvoir. D’abord favorable, il a ensuite durci son discours, allant jusqu’à qualifier cet accord de « très mauvais » en mars 2024. Néanmoins, en novembre dernier, il a surpris en adoptant un ton plus conciliant vis-à-vis des agriculteurs en se disant « plutôt positif » sur l’accord. Bruno Retailleau, le leader des Républicains, a critiqué cette ambiguïté, déclarant : « Il faut donc une sortie de l’ambiguïté, du ‘en même temps’ ».

La France, en dépit de ses réticences, pourrait enfrentar des difficultés à bloquer l’accord, car une majorité qualifiée au sein du Conseil permettrait son adoption. La période actuelle est cruciale, alors qu’une mobilisation des agriculteurs contre le Mercosur se prépare cette semaine, exacerbée par la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse. Selon Fabienne Keller, la pression monte alors que des décisions importantes doivent être prises. Si le traité est adopté, cela pourrait créer une nouvelle crise au sein de l’Union européenne.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER