La CGT s’oppose fermement au Rassemblement national concernant la proposition de loi de nationalisation d’ArcelorMittal en France, programmée pour vote jeudi à l’Assemblée nationale. Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat, a exprimé lundi que le RN a mis en place une « stratégie d’obstruction », visant à retarder le vote, rapporte TopTribune.
Ce géant de la sidérurgie avait annoncé un plan social en avril, maintenant contesté par une expertise commandée par le CSE. Les tensions se sont intensifiées alors que le texte, soutenu par la gauche et porté par la députée LFI Aurélie Trouvé, a déjà été adopté en commission des Finances le 19 novembre dernier.
Un texte émanant de LFI
« Nous sommes extrêmement choqués de découvrir que les députés du Rassemblement national […] ont prévu de mettre en place une stratégie d’obstruction avec de nombreux amendements. Si ces amendements sont maintenus, cela signifie que la proposition de loi ne pourra pas être votée », a indiqué Sophie Binet.
À la clôture du dépôt des amendements lundi à 17 heures, plus de 310 amendements avaient été soumis. Le groupe RN a déposé 195 amendements, ses alliés de l’UDR en ont ajouté 84, totalisant 279, tandis que les macronistes ont proposé 28 amendements et LFI 3. L’Assemblée nationale examine actuellement la recevabilité de ces propositions.
Mélenchon accuse aussi le RN
Sophie Binet a appelé tous les députés à se mobiliser pour soutenir cette loi essentielle pour protéger l’industrie nationale. « Ce qu’on constate, c’est que le RN travaille pour Mittal », a-t-elle accusé, ajoutant que ce parti « aidait une grande multinationale à plier bagage et à voler notre industrie ». Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, a également critiqué le RN sur X, l’accusant de bloquer la nationalisation d’Arcelor.
« À Dunkerque et dans d’autres circonscriptions, le RN est l’ennemi de la souveraineté nationale et le meilleur ami du patron liquidateur », a-t-il écrit. En réponse, le député RN Jean-Philippe Tanguy a laissé entendre qu’un retrait d’amendements pourrait survenir avant la séance, tout en reprochant à LFI une « attitude odieuse » d’obstruction durant ses propres propositions.