Immobilier : persistance des taux d'intérêt élevés prévue pour 2026

Immobilier : persistance des taux d’intérêt élevés prévue pour 2026

09.02.2026 10:57
3 min de lecture

Le secteur immobilier fait face à une période difficile pour les emprunteurs. Avec des taux dépassant désormais les 3 % en moyenne, les conditions de financement se sont nettement compliquées. Cependant, malgré cette situation tendue, les banques continuent d’opérer, offrant des crédits devenus plus sélectifs. Dans un cadre macroéconomique encore troublé, la montée des taux d’emprunt semble vouloir se maintenir, rapporte TopTribune.

Une persistance de la hausse des taux immobiliers

Depuis le début de l’année 2022, les taux immobiliers n’ont cessé de grimper, indiquant un resserrement progressif des critères de financement. Cette inflation des taux, amorcée dans un contexte de forte inflation, a connu une accélération ces derniers mois, notamment en janvier 2026 où le taux moyen pour toutes durées confondues a atteint 3,20 %, en hausse par rapport aux 3,17 % observés en décembre 2025.

En parallèle, les durées des prêts s’allongent pour compenser l’augmentation des mensualités, atteignant même une moyenne de 254 mois en janvier 2026, un chiffre qui témoigne d’un nouveau record dans ce domaine. Les banques, en réponse à des normes réglementaires devenues plus strictes, cherchent à maintenir l’accessibilité du crédit.

Les acteurs du marché indiquent également que ce climat inflationniste exerce une pression croissante sur les taux. D’après Magnolia, « la montée des taux immobiliers a engendré, sur les cinq dernières années, un passage des taux bruts moyens d’environ 1 % à plus de 3 % ». Ce changement radical a bouleversé la donne pour les emprunteurs qui bénéficiaient de conditions particulièrement avantageuses jusqu’en 2021.

Les banques persistent à offrir des crédits malgré l’augmentation des taux

Malgré un resserrement des conditions de financement, les banques demeurent actives dans le secteur du crédit immobilier. Cela découle d’une stratégie visant à utiliser le prêt immobilier comme un moyen de conquête commerciale. En effet, un prêt immobilier s’étalant généralement sur 20 à 25 ans garantit à la banque une domiciliation des revenus de l’emprunteur et l’occasion de proposer d’autres produits.

Cette dynamique de fidélisation est essentielle, même dans un contexte de taux élevés. Certaines banques continuent à présenter des offres spécifiquement ciblées, surtout pour les clients les plus solides financièrement. Toutefois, cette segmentation s’accompagne d’un filtrage plus concentré des candidatures, renforçant les exigences concernant le reste à vivre et l’apport initial.

Pour les emprunteurs jugés « premium », certains courtiers parviennent encore à négocier des taux inférieurs à ceux du marché, permettant, en février 2026, de fixer des taux à 2,92 % sur 15 ans ou à 3,00 % sur 20 ans. Bien que ces taux soient compétitifs, ils restent bien au-dessus des niveaux historiquement bas enregistrés trois ans auparavant, où un taux de 1,20 % sur 20 ans était facilement accessible.

De plus, les données collectées par Pretto montrent une légère remontée en février, avec une moyenne de 3,27 % sur 15 ans, 3,40 % sur 20 ans, et 3,47 % sur 25 ans. Cette tendance semble confirmer l’inertie de la hausse des taux.

Stratégies pour emprunter à de meilleurs taux malgré les conditions restrictives

Face à cette hausse qui est désormais perçue comme structurelle, les ménages doivent adapter leurs stratégies d’emprunt. Cela commence par améliorer leur profil emprunteur : offrir une stabilité professionnelle, présenter un faible taux d’endettement et disposer d’un apport personnel au moins supérieur à 20 % du montant envisagé.

De plus, choisir avec soin le moment et la nature de son projet est primordial. Certains experts suggèrent d’opter pour des prêts à court terme, tels que des prêts de 15 ans à 3,11 % en janvier, afin de minimiser le coût global du crédit. D’autres conseillent d’adopter une approche plus réactive, en renégociant les taux lorsque les conditions du marché se montrent plus favorables.

Enfin, des solutions alternatives émergent. Certains emprunteurs se dirigent vers des prêts à paliers ou envisagent des structures hybrides combinant prêts amortissables et prêts in fine, qui peuvent optimiser les mensualités. Toutefois, ces options, qui présentent une certaine complexité, ne conviennent qu’à des emprunteurs bien informés et conseillés.

Les prévisions de Magnolia pour l’année 2026 tablent sur un taux moyen de 3,41 %, une tendance à la hausse se poursuivant vers 3,60 % en 2027. Ce scénario souligne l’importance de planifier, de simuler et surtout de comparer activement les offres de différentes banques.

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