Le 14 août 2018, Melissa Bastit, âgée de 22 ans, a perdu la vie dans l’effondrement du pont Morandi à Gênes, entraînant la mort de 43 personnes, dont quatre Français. Huit ans plus tard, la justice italienne a rendu son verdict, condamnant en date du 16 juillet une trentaine d’anciens dirigeants et responsables de l’entretien du viaduc, un jugement jugé adéquat par le père de la victime, Gilles Bastit, rapporte TopTribune.
Ce jour-là, près de 200 mètres du viaduc autoroutier A10 se sont effondrés, précipitant plusieurs véhicules dans le vide. Melissa traversait le pont avec son compagnon Nathan Gusman, ainsi que deux amis, Axelle Place et William Pouzadoux, lorsqu’un violent orage s’est abattu sur la région, provoquant cette tragédie.
Le goût du voyage et de la découverte
Son père se rappelle : « Melissa avait toujours envie de partir, de voyager, c’était quelqu’un de très enjoué. » À 11h56, le pont Morandi s’est effondré, faisant d’eux des victimes d’images qui ont choqué l’Italie et le monde entier.
À Souillac, Gilles Bastit, alors médecin généraliste, ignorait tout des projets de sa fille. Ce n’est que le lendemain qu’il a été informé de la terrible nouvelle par sa fille aînée Emma. « Nous avons découvert l’impensable », se souvient-il. Après quelques jours en Italie, ils ont appris que Melissa était décédée après une chute de 50 mètres.
Abandonnée quand elle était bébé
Melissa a été adoptée à six mois après avoir été placée par l’Aide sociale à l’enfance. Son père indique que malgré une nouvelle famille, les blessures de l’abandon l’ont marquée. « Elle avait des carences affectives et des difficultés à se valoriser », explique-t-il. Jeune, Melissa a ressenti des difficultés à s’intégrer, ce qui l’a parfois poussée vers des comportements autodestructeurs.
Avec le temps, elle est devenue une personne proche des gens en difficulté. Son apparence atypique a également suscité des réactions négatives sur les réseaux sociaux, une épreuve difficile pour sa famille durant le processus de deuil.
Une succession d’épreuves
La famille avait déjà été éprouvée par le suicide de leur fils deux ans auparavant. Gilles Bastit, maintenant addictologue, a trouvé un sens à sa vie en aidant de jeunes en difficulté et a accepté que le chemin de reconstruction soit long. Bien qu’il n’attende pas grand-chose de la justice, il considère que les condamnations prouvent qu’il y avait une conscience des responsabilités dans cette affaire. Il souhaite que l’on se souvienne de Melissa comme d’une jeune femme pleine de vie qui voulait croquer la vie à pleines dents.