Guerre en Ukraine : la critique de l'absence de diplomatie européenne face à la Russie par Jean de Gliniasty

Guerre en Ukraine : la critique de l’absence de diplomatie européenne face à la Russie par Jean de Gliniasty

06.11.2026 20:36
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Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France à Moscou, critique l’absence de diplomatie européenne face au Kremlin, qui nuit à l’établissement d’objectifs clairs pour les négociations sur l’Ukraine, rapporte TopTribune.

Selon lui, la question de savoir s’il faut discuter avec Vladimir Poutine constitue déjà une reconnaissance d’une forme de victoire diplomatique pour le Kremlin et une démonstration de faiblesse. Jean de Gliniasty considère que ce constat illustre l’impasse totale engendrée par l’absence de diplomatie européenne. Avant 2022, la France et l’Allemagne tentaient d’éviter l’erreur tragique de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Après une période de réel dialogue, les canaux de communication sont désormais rompus, à l’exception d’un échange téléphonique peu concluant entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine en juillet 2025.

L’Europe a ainsi limité sa capacité à jouer un rôle de médiation, laissant Washington prédominer sur les affaires diplomatiques européennes. Cette situation divise l’Union européenne, certaines nations insistant sur le soutien inconditionnel à l’Ukraine, convaincues que celle-ci peut gagner militairement. Pourtant, l’absence de plan diplomatique efficace compromet les chances de victoire ukrainienne.

Gliniasty souligne qu’être réaliste ne signifie pas adopter une position pro-russe. Il met en garde contre les dangers d’une approche irréaliste qui empêche l’Europe de définir des objectifs clairs, rappelant que l’intérêt primordial des Européens reste de voir une Ukraine démocratique et indépendante, proche des valeurs européennes.

« Poutine pense avoir le vent en poupe et il n’a pas tort »

Concernant les intentions de Vladimir Poutine, Gliniasty s’interroge sur son éventuel désir de dialogue. Il estime que le président russe peut penser qu’il est dans une position avantageuse, surtout avec le recul de l’aide américaine à l’Ukraine et les difficultés économiques auxquelles l’Europe est confrontée. Il évoque également la possibilité d’un nouvel axis de pouvoir dominé par Trump, Xi Jinping et Poutine, sans l’Europe. Cela incite Poutine à croire que l’Ukraine, affaiblie par le conflit, pourrait finalement céder.

Sur la résilience de la diplomatie russe, Gliniasty souligne que la Russie ne se préoccupe guère des désirs occidentaux de dialogue. Avec la moitié du monde refusant d’appliquer les sanctions occidentales, le Kremlin considère que l’isolement diplomatique est relâché. La perspective de négociations sur la sécurité en Europe pourrait finalement inciter les acteurs internationaux à se rasseoir autour de la table.

Quant aux objectifs de Poutine, Jean de Gliniasty s’interroge sur son ambition de contrôler le Donbass et de geler les frontières. Il doute que le président russe se contente de cette situation sans envisager d’autres ambitions, notamment celles favorisant un rapprochement avec Donald Trump qui pourrait influencer l’Ukraine.

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