Fibrose hépatique : 1,5 % des adultes ignorent leur état de santé, selon une étude européenne

Fibrose hépatique : 1,5 % des adultes ignorent leur état de santé, selon une étude européenne

06.04.2026 17:16
2 min de lecture

Une prévalence alarmante de la fibrose hépatique en Europe

La fibrose hépatique non diagnostiquée touche environ 1,5 % de la population générale, selon une étude publiée le 22 mars dans le cadre du projet européen LiverScreen, impliquant plusieurs centres de recherche français, rapporte TopTribune.

Ce trouble se développe suite à des lésions récurrentes du foie causées par des maladies, infections ou consommation excessive d’alcool, entraînant la formation de tissu cicatriciel. Ce dernier remplace progressivement le tissu hépatique sain, limitant ainsi les fonctions essentielles du foie, comme la filtration sanguine et la production de protéines. Si la situation s’aggrave, elle peut mener à la cirrhose et à des complications sévères, y compris le cancer.

Les recherches réalisées sur un échantillon de 30 199 participants issus de neuf pays européens (Espagne, Danemark, Italie, Slovaquie, Croatie, Royaume-Uni, France, Pays-Bas, Allemagne) ont montré que 6,9 % des participants présentaient des signes de fibrose hépatique. Un résultat est considéré positif lorsque des mesures de rigidité du foie atteignent ou dépassent 8 kPa, seuil au-dessus duquel l’élasticité hépatique devient préoccupante.

Les résultats ont révélé que 4,6 % des participants montraient une élasticité supérieure à 8 kPa. Parmi eux, 2,5 % dépassaient 10 kPa et 0,8 % atteignaient des niveaux évoquant une cirrhose. La prévalence variait considérablement selon le profil métabolique des individus, allant de 1,3 % chez ceux sans facteur de risque à 20,7 % chez ceux présentant quatre facteurs de risque. Une consommation excessive d’alcool augmentait néanmoins cette prévalence, atteignant 37,1 % chez les sujets présentant quatre facteurs de risque.

Les facteurs principaux associés à une élasticité hépatique supérieure à 8 kPa incluent l’obésité, le diabète de type 2 et une consommation excessive d’alcool, avec un risque multiplié respectivement par 3,4, 3 et 1,7.

Dépistage précoce : une nécessité

De surcroît, 8 % des participants ont été orientés vers des établissements spécialisés pour des examens complémentaires, avec près d’un tiers d’entre eux présentant une maladie hépatique chronique avec fibrose. Cette situation souligne l’importance d’un dépistage précoce, principalement lié à des troubles métaboliques.

Le Pr Laurent Castera, hépatogastro-entérologue à l’Hôpital Lariboisière à Paris et participant au consortium LiverScreen, a affirmé : « Trop souvent les maladies du foie ne sont diagnostiquées qu’au stade de cirrhose, parfois lors de complications. Les tests non invasifs mesurant l’élasticité du tissu hépatique permettent de détecter un spectre beaucoup plus large de patients. » Il a également souligné l’importance d’adopter des mesures adaptées dès le dépistage, notamment pour la stéatohépatite métabolique.

Des experts français, y compris ceux de l’Association française pour l’étude du foie (AFEF), plaident pour l’inclusion de la mesure de l’élasticité hépatique dans les bilans remboursés par l’Assurance maladie, en complément des tests des enzymes hépatiques.

Les facteurs de risque à surveiller

Les résultats indiquent que la fibrose hépatique non diagnostiquée est courante et fortement liée à des facteurs de risque métaboliques, notamment le diabète, qui représente le facteur le plus impactant. Plus de 70 % des participants avaient au moins un facteur de risque métabolique, incluant le surpoids, l’obésité et l’hypertension artérielle.

Enfin, 59 % des participants ont déclaré une consommation d’alcool, dont 7 % de manière excessive. Ces données suggèrent un besoin urgent de sensibilisation et d’intervention précoce pour mieux gérer la santé hépatique dans la population européenne.

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