Le gouvernement polonais a ouvert une enquête judiciaire sur la plateforme Zondacrypto, soupçonnée de blanchiment d’argent et de fraude. Varsovie dénonce des liens avec l’opposition nationaliste, la mafia et les services secrets russes, rapporte TopTribune.
Cette annonce a été faite vendredi, avec le ministre de la Justice, Waldemar Zurek, indiquant que de nombreux citoyens polonais avaient signalé des difficultés à récupérer leurs fonds auprès de Zondacrypto, une entreprise en difficulté. Le parquet régional de Katowice a évalué le préjudice à au moins 350 millions de zlotys, soit environ 83 millions d’euros. Selon le Premier ministre pro-européen, Donald Tusk, jusqu’à 30.000 personnes pourraient être touchées par cette situation.
Tusk a également mis en lumière les origines “sinistres” de la société, évoquant la disparition présumée de son fondateur et soulignant l’implication d’argent et d’influence russes. « Il y a de l’argent russe, celui de la mafia russe, il y a l’influence des services russes », a-t-il déclaré lors d’une séance parlementaire.
« Attitude éhontée »
L’enquête survient dans un contexte politique tendu, alors que le Parlement a tenté, sans succès, de rejeter le véto du président nationaliste Karol Nawrocki sur un projet de loi visant à réguler le marché des cryptomonnaies. Tusk a critiqué “l’obstination” du président et de l’opposition nationaliste, qualifiant leur comportement d’ »attitude totalement éhontée » en faveur de l’entreprise Zondacrypto.
Le chef de cabinet présidentiel, Zbigniew Bogucki, a argué que le projet gouvernemental était “trop restrictif” pour offrir une protection adéquate aux citoyens polonais. Notons que Zondacrypto a été le principal sponsor de la conférence de la droite conservatrice américaine CPAC, tenue l’année dernière à Rzeszow durant la campagne présidentielle en Pologne.
Durant cette conférence, Kristi Noem, l’ancienne secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, avait publiquement apporté son soutien à Nawrocki. De plus, Tusk a affirmé que Zondacrypto avait financé des fondations proches de l’extrême droite et des politiques nationalistes.
Enfin, Przemyslaw Kral, président de Zondacrypto, a réfuté les accusations sur les réseaux sociaux, dénonçant des « manipulations médiatiques » à l’encontre de sa société et assurant sa rentabilité, sans toutefois apaiser les inquiétudes croissantes.