Le président Emmanuel Macron est désormais critiqué par son ancien Premier ministre, Édouard Philippe, qui exprime son scepticisme face à la gestion actuelle de la crise politique. Au lendemain de la démission de Sébastien Lecornu, Philippe a suggéré que Macron « s’honorerait » en annonçant la tenue d’élections présidentielles anticipées, rapporte TopTribune.
Selon Philippe, la première étape serait de nommer un nouveau Premier ministre « chargé de gérer les affaires courantes et d’adopter un budget » afin de « sortir d’une manière ordonnée et digne d’une crise politique qui nuit au pays ». Il a souligné que le pays ne peut pas supporter cette instabilité pendant encore dix-huit mois.
L’ancien Premier ministre a également évoqué « l’affaissement de l’État » et a déclaré que « le poids de la sortie de crise repose sur lui ». Philippe, intervenant sur RTL, a critiqué le « jeu politique affligeant » qui prévaut actuellement. Il a ajouté qu’une annonce d’élections anticipées pour début 2026 pourrait apporter de la clarté et faciliter la désignation d’un nouveau Premier ministre.
« Il n’avait pas à dissoudre »
Édouard Philippe a affirmé que si Emmanuel Macron décide d’organiser des élections anticipées, cela donnerait « un peu de visibilité à tout le monde ». L’ancien Premier ministre a insisté sur le fait que la dissolution actuelle n’était pas justifiée et qu’elle ne doit pas servir à résoudre une crise politique personnelle. « On n’utilise pas la dissolution pour déminer une situation délicate », a-t-il déclaré.
Il a critiqué le président, affirmant qu’il « devait prendre des décisions à la hauteur de sa fonction » pour garantir la continuité institutionnelle. Philippe a mis en garde contre les risques d’une dissolution aboutissant à l’absence de majorité parlementaire.
« Seul le président de la République peut prendre cette décision »
Sur Europe1/Cnews, le président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, a également exprimé ses doutes sur la situation actuelle. Il a noté une « petite course au sein du camp présidentiel pour se distinguer » de Macron. Retailleau, affirmant être gaulliste, a souligné que cette décision était extrêmement grave et que seul le président de la République pouvait la prendre.
Parallèlement, Gabriel Attal, président du parti Renaissance, a indiqué qu’il ne comprenait pas les choix du président et a précisé que son parti ne demandait pas la démission de Macron, refusant de se joindre aux appels fréquents en faveur de nouvelles élections.