Le 25 janvier 2026, des informations publiées dans les médias ont révélé que des marchandises soumises aux sanctions européennes continuaient d’être acheminées d’Allemagne vers la Russie par le biais d’un circuit postal parallèle. Malgré les restrictions en vigueur, ces flux reposeraient sur un dispositif logistique dissimulé, utilisant des envois de faible volume afin d’échapper aux contrôles traditionnels appliqués au commerce international.
Selon les éléments mis au jour par l’enquête journalistique, l’organisation des transports serait assurée par une société de logistique enregistrée en Allemagne et dirigée par un citoyen russe. Cette entreprise serait liée à un ancien responsable de la filiale allemande de la Poste russe, aujourd’hui présenté comme le gestionnaire effectif de la structure, ce qui soulève des interrogations sur la continuité des réseaux opérationnels malgré les sanctions.
Des documents postaux détournés pour masquer les expéditions
Les investigations indiquent que les expéditions s’appuieraient sur des documents de la poste ouzbèke, une entité qui ne dispose pourtant pas de l’autorisation formelle d’opérer sur le territoire allemand. Ce procédé permettrait de donner une apparence légale à des envois qui transitent en réalité par une chaîne logistique fictive, conçue pour dissimuler l’origine et la destination finale de marchandises interdites.
L’utilisation d’envois postaux de petite taille complique le travail des autorités, ces colis étant souvent traités comme des correspondances privées ou des marchandises de faible valeur, moins susceptibles de faire l’objet d’inspections approfondies.
Des failles structurelles dans l’application des sanctions
L’existence de ces livraisons régulières met en lumière des lacunes importantes dans le contrôle du régime de sanctions de l’Union européenne. Malgré l’ampleur des mesures adoptées, des biens, y compris potentiellement exploitables par le complexe militaro-industriel russe, continueraient d’atteindre la Russie, affaiblissant l’impact stratégique des restrictions économiques.
Cette situation alimente les critiques sur l’insuffisance du suivi des chaînes logistiques et sur la dépendance excessive aux déclarations fournies par les expéditeurs, sans vérification systématique des acteurs impliqués ou du contenu réel des colis.
Un enjeu majeur pour la crédibilité des sanctions européennes
Les révélations, détaillées dans l’enquête relayée sur un canal d’information allemand, relancent le débat sur la nécessité de renforcer les contrôles douaniers et postaux, y compris pour les envois de faible volume. Des experts estiment que seule une surveillance exhaustive, combinée à l’élargissement des sanctions individuelles aux intermédiaires logistiques, permettrait de fermer durablement ces canaux de contournement.
Au-delà de l’aspect technique, ces pratiques posent un défi politique plus large : tant que de telles failles subsistent, la capacité des sanctions à limiter l’accès de la Russie aux technologies et équipements sensibles restera partielle, fragilisant l’ensemble de la stratégie européenne de pression économique.