Le Petit Larousse 2027 enregistre les termes et expressions qui illustrent les préoccupations, les goûts et les débats actuels des Français. Dans cette nouvelle édition, qui sera disponible à partir du 20 mai 2026, des mots tels que « crush », « boomer », « kawaï », « prompter », « VSS », « ma gâtée », « chakchouka » et « surtourisme » font leur apparition. Au total, le dictionnaire comprendra 150 nouveaux mots, ainsi que des définitions enrichies et 50 noms propres, rapporte TopTribune.
Des mots nouveaux venus du quotidien
Chaque année, l’ajout de nouveaux termes dans un dictionnaire reflète fidèlement les évolutions de la société. Pour la version de 2027, ce reflet englobe un large éventail de thèmes, notamment l’amour, le numérique, la gastronomie, les violences sexistes et sexuelles, ainsi que l’écologie et les questions liées aux générations.
Parmi les mots notables, « crush » émerge comme un emprunt à l’anglais, désignant un sentiment amoureux soudain. La définition mise en avant parle de « penchant amoureux soudain pour quelqu’un ; coup de cœur pour quelque chose ». De même, le terme « boomer » est utilisé pour décrire les personnes plus âgées, souvent perçues comme déconnectées des réalités modernes. Le mot « kawaï », venant du japonais, est associé à l’esthétique mignonne et enfantine, très répandue dans la culture populaire.
Ces mots témoignent de l’évolution du langage et de la circulation des expressions dans la société moderne. Les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans la popularisation de ces termes, qui émergent d’abord dans des cercles jeunes, puis s’étendent aux médias avant d’être intégrés dans les dictionnaires. Carine Girac-Marinier, responsable de la langue française chez Larousse, souligne l’importance des médias comme indicateurs des mots qui touchent le grand public : « On scrute particulièrement les médias, car lorsque les journalistes utilisent le mot, c’est que le grand public va le côtoyer aussi ».
Cette dynamique explique l’incorporation de mots tels que « dinguerie », « ça pique », « c’est carré », « gros » ou « fandom ». Bien que déjà en usage depuis un certain temps, leur portée désormais plus large justifie leur ajout au dictionnaire, qui se contente d’une observation plutôt que d’une création lexicale.
Larousse fait entrer l’IA, Marseille et la cuisine du monde
La version 2027 du Petit Larousse intègre également des termes liés à l’**intelligence artificielle**. Le mot « prompter » désigne l’action d’envoyer des instructions à un algorithme d’IA. On y retrouve aussi des expressions comme « identité numérique », « créateur de contenu », « infopreneur » ou encore « hypertrucage », qui fait référence à la difficulté croissante de distinguer entre contenu de réalité et contenu manipulé.
Les langues régionales trouvent également leur place, avec des mots provenant de Marseille. Le terme « ma gâtée », popularisé par le morceau Bande organisée, envahit désormais d’autres sphères. De plus, le mot « tarpin » entre dans le dictionnaire avec le sens de « beaucoup ».
La gastronomie se veut une autre dimension marquante de cette édition. Des termes comme « chakchouka », un plat riche en tomates, poivrons, oignons et œufs, ainsi que « zaatar », « kimchi », « chaï », « kadaïf », « tataki », « edamame » ou « ail des ours », illustrent la diversité culinaire que propose cette nouvelle édition. Cette attention portée à une cuisine « curieuse et gourmande » souligne l’idée d’une internationalisation des pratiques alimentaires, favorisée par les restaurants, les ouvrages culinaires et les contenus numériques.
Ces appétits pour des cuisines du monde montrent que des spécialités, un temps perçues comme étrangères, prennent une place dans le quotidien des consommateurs français.
Les nouveaux mots nomment aussi les tensions de l’époque
Le Petit Larousse 2027 ne se restreint pas aux seuls mots légers, mais aborde également des enjeux sérieux, en intégrant des termes relatifs aux violences, à la santé, à l’environnement et aux tensions politiques. Le Parisien fait référence à des mots comme « soumission chimique », « virilisme », « incel », « microplastique », « surtourisme », « plogging », « microbiome », « Mpox » ou encore « syndrome des ovaires polykystiques ».
Ces ajouts témoignent de la volonté d’un dictionnaire d’accompagner la reconnaissance de réalités sociétales longtemps ignorées. Par exemple, « VSS », acronyme des violences sexistes et sexuelles, entre dans le lexique du Larousse 2027. D’autres termes comme « soumission chimique » désignent une manipulation insidieuse pour contraindre une personne à subir des agressions.
Bernard Cerquiglini, linguiste et conseiller scientifique du Petit Larousse illustré, résume ainsi l’esprit de cette sélection : selon Le Parisien, ces mots « illustrent les avancées en matière d’inclusion, dénoncent les maux contemporains, signalent les réponses collectives aux défis qu’ils représentent, traduisent enfin une ouverture au monde, à travers la francophonie et les cultures culinaires ».
Cette ouverture se reflète également dans les noms propres. L’édition 2027 annonce l’intégration de 50 noms propres, parmi lesquels figurent des personnalités telles que Guillaume Diop, Romain Duris, Laurent Lafitte et Michel Hazanavicius, avec d’autres comme Émilie Dequenne, Marc Jacobs, Tadej Pogacar, Victor Wembanyama et Max Verstappen, mentionnées par Le Parisien.
En tout, le Petit Larousse illustré 2027 revendique plus de 63 500 mots, 20 000 locutions, 28 000 noms propres, 2 000 régionalismes et mots issus de la francophonie, ainsi que 5 500 cartes, dessins et schémas. Ces 150 nouveaux mots tracent donc un portrait de la langue française contemporaine, marquée par le numérique, l’internationalisation, une sensibilité accrue aux violences et une meilleure intégration des expressions populaires.