Crise de sécheresse en Bretagne : il est urgent de réduire la consommation d'eau

Crise de sécheresse en Bretagne : il est urgent de réduire la consommation d’eau

21.10.2026 06:37
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Des messages d’alerte sont affichés partout, des abribus aux réseaux sociaux, soulignant l’urgence de la situation. « Agissons, consommons moins pour ne pas manquer demain. » Depuis plusieurs semaines, le syndicat Eau du bassin rennais intensifie ses communications pour avertir la population. En effet, l’Ille-et-Vilaine est en crise de sécheresse. La situation est critique et il est impératif que les habitants, les agriculteurs et les entreprises se mobilisent pour réduire leur consommation d’eau, sous peine de manquer d’eau potable, rapporte TopTribune.

La ville de Rennes n’est pas la seule concernée : la Bretagne, traditionnellement perçue comme une région humide, est actuellement en état de crise de sécheresse sur l’ensemble de son territoire. Dans des zones comme le pays de Brest ou Saint-Malo, la situation est désastreuse, avec des réserves d’eau ne tenant que quelques semaines. « Nous avions l’habitude de plaisanter sur les niveaux de pluie en Finistère, en nous comparant à la Normandie, mais aujourd’hui, cela ne fait plus rire », a récemment averti Stéphane Roudaut, maire de Brest.

Pour de nombreux habitants de la région, l’idée que la Bretagne puisse manquer d’eau semble inconcevable. Pourtant, le bassin armoricain est très sensible aux fluctuations de la pluviométrie, car la majorité de ses ressources provient de réserves en surface. Cette situation est tenable lorsque les pluies sont abondantes, mais elle devient préoccupante lorsque les déficits pluviométriques dépassent les 60 %. Malheureusement, les messages de prévention ne semblent pas atteindre leur but. « Je n’ai pas l’impression que le grand public soit conscient de l’urgence. Malgré nos efforts de communication, la consommation d’eau ne diminue pas. Tant que l’eau coule du robinet, les gens n’y prêtent pas attention », a déclaré Rémi Pitré, membre du syndicat.

L’eau « n’est pas assez chère »

Rémi Pitré, président du Syndicat mixte de gestion de l’eau d’Ille-et-Vilaine (SMG Eau 35), insiste sur le fait que l’eau « n’est pas assez chère » pour inciter les particuliers à réduire leur consommation. Actuellement, le prix moyen de l’eau potable en France est d’environ 5 euros pour 1 000 litres, soit 0,005 euro le litre. « Les gens prendront conscience de la gravité de la situation quand ils subiront des coupures », assure-t-il. Les Bretons sont-ils moins responsables que les autres Français ? « Pas du tout. La consommation moyenne est souvent bien plus élevée dans le Sud, mais ici, il semble que les gens se sentent plus à l’abri », a-t-il ajouté.

Les habitants, en proie à des vagues de chaleur, ont intensifié leur consommation d’eau durant l’été dernier. À certaines journées particulièrement chaudes fin juin, les réseaux d’approvisionnement ont été mis à rude épreuve, avec une hausse de 25 % des consommations. « Nous avons probablement des gens qui prenaient trois ou quatre douches par jour. Il s’agissait d’un besoin urgent de se rafraîchir, et je peux comprendre cela. Mais combien de temps pourrons-nous continuer ainsi ? », interroge Françoise Louapre, vice-présidente d’Eau du bassin rennais.

Un appel au changement des habitudes

Françoise Louapre, également maire de Laillé, fait campagne pour sensibiliser sa communauté. « Ne pas prendre de douches tous les jours, installer des toilettes sèches… Avec la multiplication des crises, il est impératif de changer nos comportements. Sinon, nous risquons d’accuser des ruptures d’approvisionnement », avertit-elle. Néanmoins, elle conserve un certain optimisme, puisque, cet été, sa commune a vu un succès immédiat en distribuant des mousseurs pour réduire le débit d’eau des robinets. « Les citoyens sont prêts à s’engager », estime Louapre.

Cependant, les efforts individuels ne suffiront pas. Les collectivités doivent investir pour colmater les fuites, améliorer la qualité de l’eau et moderniser les infrastructures. Dans cette optique, le syndicat Eau du bassin rennais a investi 21 millions d’euros dans la transformation de son usine de potabilisation à Plouasne (Côtes-d’Armor), récemment inaugurée. « Le problème de ces investissements, c’est qu’ils restent invisibles pour la population. Pour attirer l’attention, il vaut mieux construire une bibliothèque ou un gymnase », ironise la maire de Laillé.

Cette nouvelle usine, construite sur les hauteurs du barrage de Rophémel, symbolise la sécheresse qui frappe la région. « Normalement, l’eau devrait être au moins 1,50 mètre plus haut à cette période de l’année », commente un technicien, observant la surface de l’eau vert pâle, conséquence d’un faible débit. Actuellement, la turbine qui produit de l’électricité nécessite un débit d’au moins 13 m³ par seconde pour fonctionner, mais le débit actuel n’est que de 0,2 m³. Cette situation alarmante devrait inciter les autorités et la population à repenser leur rapport à l’eau et à agir de manière responsable pour prévenir une crise encore plus grave à l’avenir.

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