COP30 au Brésil : un test décisif pour l'avenir du multilatéralisme climatique

COP30 au Brésil : un test décisif pour l’avenir du multilatéralisme climatique

10.11.2025 07:03
2 min de lecture

La COP-30 débute à Belém avec 170 délégations

Aujourd’hui, la trentième Conférence des parties (COP) se déroule à Belém, à proximité de l’Amazonie, réunissant 170 délégations de pays jusqu’au 21 novembre. L’événement vise à revitaliser le multilatéralisme et à mettre en œuvre l’accord de Paris sur le climat, gravement affecté par le retrait des États-Unis sous la présidence de Donald Trump. Bien qu’aucune délégation américaine de haut niveau ne soit présente, environ une centaine d’élus américains, gouverneurs et maires, participent sous la bannière « We are still in », rapporte TopTribune.

Malgré les propos provocateurs de Trump, qui a récemment affirmé avoir « gagné la guerre contre le canular du changement climatique », l’événement se maintient sans constat de retraits massifs, à l’exception de quelques pays comme l’Iran, le Yémen et la Libye. L’Argentine, dirigée par le président d’extrême droite Javier Milei, et l’Indonésie, qui avait menacé de quitter l’accord, sont restées engagées.

L’accord de Paris : une résilience mise à l’épreuve

« Cela montre la résilience de l’accord de Paris », indique Sébastien Treyer, directeur général de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Il souligne que même sans la participation américaine à haut niveau, l’impact des pays présents lors de la COP sera déterminant pour mesurer le soutien à cet accord. Les attentes autour de cette COP-30 sont très élevées.

2024 est cependant considérée comme une année critique, car elle devrait marquer le premier dépassement des 1,5 °C de réchauffement, par rapport à l’ère préindustrielle, ce qui en ferait l’année la plus chaude enregistrée depuis 1850. L’objectif des négociations reste de limiter le réchauffement à « nettement sous les 2 °C », avec un but ambitieux de 1,5 °C, porté par l’accord de Paris.

Le multilatéralisme environnemental en jeu

Rebecca Thissen, chargée de plaidoyer mondial au Climate Action Network, critique la position américaine comme étant totalement déconnectée de la réalité : « Cela va brutalement impacter l’économie américaine à moyen terme. » Le rôle du Brésil est de démontrer que le multilatéralisme environnemental reste opérationnel, et la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, participera à la fin des négociations pour discuter des progrès réalisés. Selon les données de 2023, les États-Unis représentent 11,3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, juste derrière la Chine à 30 % et l’Union européenne à 6,1 %.

Relation complexe entre l’Europe et la Chine

Les relations entre l’Europe et la Chine, même si elles se basent sur un soutien mutuel au multilatéralisme climatique, sont tendues par des intérêts économiques divergents. Sébastien Treyer affirme que les plans climatiques des deux puissances sont souvent en compétition, ce qui pose des défis lors de la négociation. Malgré tout, il réclame des signes de coopération économique qui peuvent émerger de cette COP.

Une attention particulière est portée sur la vulnérabilité des pays face aux catastrophes naturelles, ce qui influence désormais les décisions d’investissement. Les acteurs de la COP espèrent une ambition renouvelée malgré les tensions, alors que des discussions autour de l’exploitation des ressources continueront d’alimenter les débats.

Le Brésil, sous la présidence de Lula, souligne l’importance de concrétiser les engagements des précédentes COP, tels que l’arrêt de la déforestation et la transition vers des énergies renouvelables. Toutefois, le pays fait face à des contradictions, tout en promouvant aussi l’exploitation des réserves de pétrole situées au large de l’Amazonie. Le défi demeure considérable, alors que l’on tente de concilier impératifs environnementaux et réalités économiques.

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