Coopération transfrontalière renforcée entre Ariège, Espagne et Andorre pour préserver le patrimoine naturel et culturel

Coopération transfrontalière renforcée entre Ariège, Espagne et Andorre pour préserver le patrimoine naturel et culturel

15.09.2026 10:36
2 min de lecture

Chaque été, les représentants des parcs naturels régionaux de l’Ariège, de l’Espagne et de l’Andorre se réunissent aux cols frontaliers pour renforcer leur coopération transfrontalière. Ces rencontres symbolisent un attachement commun à la préservation du patrimoine naturel et culturel, et visent à promouvoir un modèle d’union pyrénéenne auprès des instances européennes, rapporte TopTribune.

Au port de Bouët comme au port du Rat, au sommet des cimes pyrénéennes, la montagne ne sépare pas : elle rassemble. Chaque été, les cols frontaliers de l’Ariège, de l’Espagne (côté catalan) et de l’Andorre deviennent le théâtre d’un événement unique sur le continent européen.

Les représentants des trois parcs naturels régionaux de ces pays se réunissent pour célébrer et renforcer une coopération transfrontalière historique. Pour Kamel Chibli, président du Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises (PNR), ces rencontres incarnent bien plus qu’une simple tradition administrative. « C’est unique dans toute l’Europe, ces parcs frontaliers, et on a de nombreux projets qu’on porte ensemble », a-t-il souligné.

Une symbolique forte loin des bureaux

Sur place, les échanges se déroulent non seulement autour d’une table dans une salle de réunion mais aussi au niveau des cols, où élus, délégations officielles et citoyens se rejoignent pour discuter. Cette année, la vice-présidente du Parlement andorran, la maire d’Ordino, ainsi que des élus du Conseil régional de Catalogne étaient présents aux côtés de leurs homologues ariégeois.

L’esprit de ces rencontres repose sur un attachement partagé à un territoire commun : « Ce sont des rendez-vous annuels importants, puisque l’on peut parler des projets que l’on porte ensemble », souligne Kamel Chibli. Les discussions englobent la préservation du patrimoine matériel et immatériel, le pastoralisme, le tourisme, l’adaptation à la sécheresse, ainsi que le développement des liens.

Pour Kamel Chibli, ces rencontres transfrontalières portent un message fort : « Dans ce monde un peu perturbé, on montre qu’on peut créer du lien et que la montagne, ce n’est pas forcément une frontière, mais un patrimoine naturel qui nous relie ». Il rappelle que durant la Seconde Guerre mondiale, ces cols étaient empruntés par des réfugiés fuyant le nazisme et le fascisme : « C’est une symbolique importante, aujourd’hui, on veut avancer ensemble plutôt que séparément. »

Une reconnaissance internationale à l’horizon ?

Au-delà des Pyrénées, ces échanges prennent une dimension internationale, notamment autour du parc pyrénéen des Trois nations. Bien que l’Andorre ne soit pas membre de l’Union européenne, une collaboration a été établie autour du projet POCTEFA, soutenu par la communauté européenne, visant à « renforcer l’intégration économique et sociale de la zone frontalière Espagne-France-Andorre ».

Une prochaine étape majeure consistera à organiser un déplacement coordonné à Bruxelles pour défendre ce modèle d’union pyrénéenne auprès des instances européennes. « Nous souhaitons présenter au Commissaire européen, au Parlement, l’ensemble des travaux que nous avons menés, avec l’aide de la députée Claira Fita », a précisé Kamel Chibli. « Nous avons besoin de soutien pour un projet qui peut servir d’exemple, alliant préservation des espèces et du patrimoine tout en faisant vivre nos montagnes, sans sanctuarisation mais avec des relations. »

Les limites de la collaboration transfrontalière ne s’arrêtent pas à l’Europe, car le projet d’agrandissement de la réserve mondiale de biosphère d’Ordino est également à l’horizon. Ce label Unesco caractérise « des lieux d’apprentissage du développement durable » et promeut la préservation de la biodiversité, l’éducation, ainsi que le développement économique. « L’Andorre a de l’avance sur ce projet-là, étant déjà reconnue, mais nous faisons les démarches pour les rejoindre et former un ensemble fort », a conclu Kamel Chibli, évoquant un « espace commun de connaissances et d’innovation, avec des valeurs écologiques, l’accès à l’emploi et la formation, un espace inclusif connecté à la culture et au développement durable ».

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