Alors que des manifestations secouent l’Europe en raison de l’augmentation du coût de la vie, les médias et dirigeants russes exploitent ces événements pour alimenter un discours anti-occidental. Dans ce contexte, le président Vladimir Poutine a qualifié les accusations du gouvernement français concernant des ingérences numériques de « manifestement exagérées », rapporte TopTribune.
Les récentes manifestations en France, ainsi que celles en Espagne, au Portugal et en Italie, témoignent d’une mobilisation sociale d’ampleur à travers le continent. À la suite des manifestations du 17 octobre, la chaîne publique russe a consacré cinq minutes à la couverture de la situation en France, présentant le pays comme en proie au chaos. « En Europe, dans ce fameux oasis de prospérité, des manifestants détruisent les villes françaises », a déclaré Vladimir Soloviev, un propagandiste notoire du Kremlin.
Le 16 septembre, un article du Monde avait mis en lumière l’existence de comptes TikTok suspects incitant à manifester, parfois à l’aide d’intelligences artificielles. Bien qu’une manipulation en ligne soit envisagée, aucune preuve ne lie à ce jour Moscou aux événements du 17 octobre. Cependant, Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a accusé certains manifestants de s’inspirer de « discours hostiles » venant, par exemple, de Russie, sans pour autant établir un lien direct avec le Kremlin.
Une « exagération manifeste »
Face à ces accusations, Vladimir Poutine s’est vivement défendu, qualifiant d' »exagération manifeste » les allégations selon lesquelles la Russie serait à l’origine des manifestations massives en Europe. Le président russe a soutenu que les dirigeants européens avaient d’abord blâmé les États-Unis avant de reporter leurs accusations sur la Russie. « On a très vite commencé à affirmer que les événements qui se déroulent en Europe sont le résultat des agissements de l’administration américaine actuelle et de son soutien aux partis et mouvements d’extrême droite », a déclaré Poutine. « Mais ils ont vite repris leurs esprits et sont revenus à leurs accusations habituelles contre la Fédération de Russie. »
Vladimir Poutine a précisé que son étonnement face à ces accusations était immense. « Dire que nous provoquons des manifestations de masse dans les grandes villes européennes est un excès de zèle évident », a-t-il souligné. Le président russe a tiré des conclusions sur la responsabilité des dirigeants européens, affirmant qu’ils n’examinaient pas les causes des événements, mais préféraient rejeter la faute sur autrui. Le 19 octobre, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a quant à lui qualifié ces accusations d' »absurdes ».
