Climat : enjeux critiques de la COP-30 à Belém, Brésil, du 10 au 21 novembre

Climat : enjeux critiques de la COP-30 à Belém, Brésil, du 10 au 21 novembre

09.11.2025 16:53
3 min de lecture

La COP-30 s’ouvre à Belém dans un contexte de crise climatique mondiale

Du 10 au 21 novembre 2025, Belém, au Brésil, accueille la trentième conférence des parties (COP-30) à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, réunissant 170 pays. Cette réunion marque un retour symbolique, car la première conférence avait eu lieu en 1992 à Rio de Janeiro. Le contexte actuel est alarmant, notamment en raison du retrait des États-Unis de l’accord de Paris et des remises en question du multilatéralisme, ce qui complique la diplomatie climatique, rapporte TopTribune.

La conférence intervient alors que les nations tentent de négocier des contributions déterminées au niveau national (CDN), instruments essentiels pour limiter le réchauffement à « nettement sous 2 °C » et pour viser une limitation à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Actuellement, 194 parties, à l’exception des États-Unis, se sont engagées à proposer des feuilles de route pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux impacts du changement climatique.

Les contributions déterminées au niveau national : un enjeu capital

Les CDN, qui doivent être révisées tous les cinq ans, doivent afficher des ambitions supérieures à celles précédentes. En 2025, une nouvelle version des CDN sera présentée. À l’aube de la COP-30, 104 signataires ont soumis leurs CDN, mais seulement celles du Royaume-Uni et de la Norvège sont compatibles avec un objectif de réchauffement à 1,5 °C, selon l’analyse de Carbon Tracker. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a souligné que, même si les CDN sont mises en œuvre, le réchauffement global pourrait atteindre 2,3 °C, ce qui est une amélioration, mais demeure loin du compte. Il insiste sur la nécessite d’une politique climatique plus ambitieuse.

Une COP axée sur la mise en œuvre des engagements

La présidence brésilienne présente cette COP-30 comme celle de « mise en œuvre ». À cette occasion, les résultats de la COP-28 de Dubaï, qui a mis en évidence le besoin de traduire les engagements des CDN en actions concrètes, seront discutés. L’accent sera mis sur la nécessité de collaborer avec la société civile, des leaders politiques et des entreprises pour assurer l’intégration des engagements climatiques dans divers secteurs. Cela pourrait inclure la création d’un agenda pour accélérer l’application de l’accord de Paris, comme l’a proposé André Aranha Correa do Lago, président de la COP-30.

Les propositions incluront des mesures pour mettre fin à la déforestation d’ici 2030, aller vers une transition énergétique mondiale, et planifier un abandon progressif des combustibles fossiles, tout en veillant à intégrer ces actions dans une transition socialement juste. Le président brésilien Lula a qualifié cette réunion de « COP de la vérité », destinée à évaluer la crédibilité des promesses faites par les pays.

Établir un objectif mondial d’adaptation

Un des principaux points d’accord en discussion à Belém sera l’objectif mondial d’adaptation face au changement climatique. Cet objectif vise à faire de l’adaptation une priorité égale à l’atténuation des effets du climat. Bien qu’un cadre ait été établi lors de la COP-28, des désaccords persistent sur les indicateurs à utiliser pour mesurer les progrès réalisés dans l’adaptation.

Initiatives pour la conservation des forêts tropicales

Le Tropical Forest Forever Facility, mis en avant par le Brésil, vise une meilleure protection des forêts tropicales, alors que la COP se déroule à Belém. Ce fonds d’investissement, combinant contributions publiques et privées, prévoit de financer les pays et les communautés autochtones qui atteignent des objectifs de réduction de la déforestation. Le Brésil souhaite que le fonds atteigne 125 milliards de dollars, bien que le ministère français de la Transition écologique ait exprimé la nécessité de discussions supplémentaires avant de pouvoir s’engager financièrement.

Un chemin de Bakou à Belém : fin de l’ère financière ?

La COP-29 de Bakou, l’année précédente, s’était concentrée sur le financement, imposant aux pays développés de financer au moins 300 milliards de dollars par an pour soutenir la transition énergétique des pays en développement d’ici à 2035. Cette nouvelle conférence cherche à établir un plan pour accroître cette somme à 1,3 trillion de dollars en identifiant les mécanismes nécessaires pour atteindre cet objectif. Des voix comme celle de Rebecca Thissen, du Climate Action Network, rappellent que les questions financières ne peuvent être ignorées dans le cadre des discussions sur la mise en œuvre.

La COP-30 à Belém se présente donc comme un moment crucial dans la lutte contre le changement climatique, avec des attentes élevées pour des actions concrètes et une ambition renouvelée de la part des nations du monde entier.

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