EXCLUSIF. Deux hommes politiques parmi les cinq prévenus ont été condamnés mardi 28 juillet 2026 par le tribunal correctionnel de Toulouse pour des délits sexuels sur des mineurs. Ils avaient été piégés à l’été 2024 par des adolescents utilisant des applications de rencontres pour les attraper, et après avoir été agressés, l’enquête s’est retournée contre eux. L’ancien élu muretain Laurent Fauré a été condamné à 2 ans de prison avec sursis, tandis que l’ex-candidat basque Tom Dubois-Robin écopait de 18 mois de prison avec sursis, avec inscription au fichier des délinquants sexuels, rapporte TopTribune.
La salle d’audience du tribunal de Toulouse était remplie de silence ce mardi 28 juillet 2026. Seuls trois des cinq prévenus avaient choisi d’être présents. Ils faisaient face à des accusations de « propositions sexuelles faites à un mineur de moins de 15 ans par un majeur suivies d’une rencontre ». L’absence de deux hommes politiques attisait la curiosité des observateurs.
Lors de l’audience, Laurent Fauré, ancien conseiller municipal de Muret, a reçu une peine de 2 ans de prison avec sursis, ainsi qu’une inscription au Fijais. Tom Dubois-Robin, ancien candidat de l’union de la gauche dans les Pyrénées-Atlantiques, a également été condamné à 18 mois de prison avec sursis. Tous les prévenus sont maintenant inscrits au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
Les chasseurs de la nuit
L’affaire trouve son origine au début de l’été 2024, entre Muret et Seysses. Des adolescents, suivant des méthodes inspirées de Nantes, ont formé une « ligue anti-pédophiles » sur des plateformes comme Grindr ou le site controversé Coco.gg. Ils ont utilisé de faux profils d’adolescents de 14 ans pour piéger des prédateurs.
Pendant plusieurs semaines, les guets-apens se sont multipliés. Une fois en contact avec les victimes, des jeunes encagoulés ont violemment attaqué les prédateurs, les frappant et les insultant tout en enregistrant les incidents. Après une série de ces incidents, les gendarmes de Muret ont finalement mis fin aux activités de cette milice improvisée. Cependant, l’examen des téléphones a révélé des preuves accablantes.
De la victime à l’accusé
L’analyse des vidéos et des discussions virtuelles a mis en lumière la nature des hommes piégés. Les échanges étaient explicites et dérangeants. « Ces discussions sont d’une clarté redoutable », commente une source proche du dossier.
Parmi eux, Laurent Fauré, 56 ans, était un élu local au moment des faits. Son arrestation s’est déroulée dans sa voiture, où il a tenté de justifier sa position en tant qu’élu pour obtenir sa libération. Il a été rapidement écarté de la majorité municipale et a continué à percevoir ses indemnités pendant près d’un an avant d’être privé de ses fonctions.
Un ancien gilet jaune et membre de LFI
Un autre prévenu, Tom Dubois-Robin, 34 ans, connu pour son rôle parmi les Gilets jaunes, a été repéré en fréquentant des zones toulousaines, cédant à la tentation malgré l’âge affiché du faux collégien. « J’ai peur, mais j’ai vraiment envie d’essayer », avait exprimé l’un des prévenus dans une discussion en ligne.
Une réputation en cendres
Cependant, ces arguments n’ont pas suffi à masquer la gravité des intentions sexuelles dirigées vers des mineurs. Le jugement a été rendu ce mardi, marquant une tournure définitive pour ces hommes politiques, dont les noms seront désormais associés à un fichier des infractions sexuelles.