Le procès en appel de Cédric Jubillar, initialement prévu en septembre, a été reporté au début de l’année 2027 après ses récents aveux. Cet homme, condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa femme Delphine, a reconnu avoir étranglé celle-ci durant la nuit du 15 au 16 décembre 2020, avant d’enterrer son corps sous un tas de fumier à environ quinze kilomètres de leur domicile. Selon ses avocats, Me Guy et Pierre Debuisson, Jubillar admet sa responsabilité dans la mort de l’infirmière, mais conteste l’intention de la tuer, rapporte TopTribune.
Cette situation soulève une question juridique complexe : une personne qui admet avoir étranglé quelqu’un peut-elle réellement prétendre qu’elle n’avait pas l’intention de lui donner la mort ? Si la strangulation est un acte volontaire, la législation pénale offre une analyse nuancée. À première vue, cela semble paradoxal, mais le droit pénal précise que la strangulation ne renvoie pas systématiquement à une intention homicide.
« Tout va dépendre du contexte »
Comme le souligne Margaux Castex, avocate au barreau de Bordeaux, “tout va dépendre du contexte des faits”. L’élément clé est la narration que présente Jubillar à la justice. Il est effectivement possible de plaider l’accident en cas de strangulation. “On peut étrangler quelqu’un jusqu’à la mort sans véritablement s’en rendre compte, par exemple lors d’une tentative de maîtrise physique ou d’un affrontement”, a-t-elle expliqué.
D’autres circonstances, bien que moins communes, peuvent comprendre des scénarios d’ordre sexuel où la strangulation ne s’arrête pas, mais sans intention de mort. Il demeure cependant essentiel de noter que de telles actions sont des actes volontaires, ce qui complique une requalification en “homicide involontaire”. L’avocate demeure prudente face à l’évolution de ce dossier : “Tout dépendra de sa stratégie de défense et de la clarté de son discours”, a-t-elle ajouté. Si l’accusé soutient qu’il n’avait pas l’intention de tuer, la cour devra évaluer la crédibilité de ses affirmations selon le contexte des événements.
Convaincre une cour d’assises de l’absence d’intention homicide dans le cadre d’une strangulation est une tâche ardue. Si Cédric Jubillar opte pour cette défense, les jurés apprécieront ses déclarations à la lumière des preuves rassemblées. Parmi celles-ci se trouve un témoignage de sa mère, rapportant qu’il avait déclaré quelques semaines avant la disparition de Delphine que, si elle avait un autre partenaire, “ça ne se passera pas comme ça, je la tuerai et personne ne la retrouvera”. Cela pourrait influencer grandement l’évaluation de son intention au moment des faits.