La nouvelle gare de Rennes confrontée à des chaleurs extrêmes
Inaugurée en 2019 après une décennie de conception et de construction, la gare de Rennes est désormais critiquée pour son incapacité à résister aux chaleurs extrêmes. Ce bâtiment récent, dont le coût s’élève à plus de 120 millions d’euros, fait face à des températures intérieures insupportables, illustrées par le témoignage d’une habitante, Léa : « Il fait très chaud, ça fait un peu serre… On a l’impression d’être une petite tomate », rapporte TopTribune.
Avec des températures extérieures dépassant les 37 °C, la situation est aggravée par un toit transparent qui amplifie la chaleur. La gare voisine de Nantes, ouverte en 2020, a également connu des problèmes similaires l’an passé, conduisant la SNCF à fermer temporairement la mezzanine. Des ventilateurs, bien que peu esthétiques, y ont été installés sans véritable succès face à des pics de chaleur atteignant 40 degrés.
Au-delà de ces deux gares, d’autres bâtiments récents à Rennes, comme le nouveau conservatoire ou l’immeuble conçu par Jean Nouvel, subissent des conditions insupportables en période de canicule. Clément Gaillard, urbaniste bioclimatique, souligne un problème majeur : « Dans le monde du bâtiment, il y a la culture du survitrage car on souhaite valoriser la transparence, mais cette transparence va effectivement causer des problèmes colossaux ». Les préoccupations relatives à la chaleur s’intensifient, soulevant des questions sur des choix architecturaux qui semblent désormais inadaptés.
Un besoin urgent de révision des normes architecturales
À Rennes et Nantes, les architectes ont longtemps mis l’accent sur la maximisation de la lumière naturelle, créant des façades orientées est-ouest qui, bien que séduisantes, se révèlent inefficaces lors des vagues de chaleur. Olivier Dehaese, vice-président délégué au climat à la métropole rennaise, appelle à un « meilleur compromis entre les apports de lumière et la possibilité d’empêcher la chaleur de rentrer dans les bâtiments ». Une révision des normes architecturales pourrait être nécessaire pour faire face à la réalité des changements climatiques.
Historiquement, les bâtiments ont été conçus pour résister au froid, mais les vagues de chaleur récurrentes exigent un changement de stratégie. Des solutions comme l’isolation extérieure, l’installation de pare-soleil, et la végétalisation des alentours peuvent offrir des réponses adaptées. Une bonne circulation de l’air et une ventilation efficace s’avèrent également cruciales durant les périodes de canicule.
Mesures temporaires pour atténuer les effets de la chaleur
Pour le moment, la SNCF tente d’atténuer les effets de la chaleur à la gare de Rennes en posant des bâches sur la façade sud et en installant dix brasseurs d’air géants en 2025. La gare de Nantes expérimente quant à elle l’utilisation d’un film destiné à réduire la température ressentie dans la mezzanine. Jacques Boulnois, architecte et professeur à l’université d’Orléans, attire l’attention sur un aspect préoccupant des récents épisodes de chaleur : « Si ça ne baisse pas la nuit, la chaleur s’accumule ». Ce phénomène pose des défis indépendamment du type de conception architecturale, touchant même des structures massives en pierre.
À la croisée des chemins, le secteur de l’architecture pourrait redéfinir ses priorités. La tendance pourrait évoluer vers un accent mis sur le confort des usagers, tant en été qu’en hiver, au détriment même de l’esthétique pure. Les bâtiments devront désormais concilier beauté et fonctionnalité, tant pour la protection contre le froid que pour la lutte contre la chaleur, afin de répondre adéquatement aux défis climatiques contemporains.