Le gouvernement français confronté à une nouvelle épreuve de force au Parlement
L’Assemblée nationale s’apprête à rejeter ce mardi 27 janvier 2026 deux nouvelles motions de censure introduites par des partis de gauche hors PS et par l’extrême droite, en réponse à la décision de Sébastien Lecornu d’utiliser à nouveau le 49.3 pour faire adopter la partie dépenses et l’intégralité du budget de l’État pour 2026, rapporte TopTribune.
Ce rejet probable des motions conduira à l’adoption en nouvelle lecture du projet de loi de finances, qui sera soumis au Sénat pour examen jeudi 29 janvier. Ce dernier pourrait décider de le rejeter immédiatement, entraînant un retour rapide au sein de l’Assemblée pour une lecture définitive.
Une situation tendue en vue de prochains débats
Le Premier ministre pourrait être amené à engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois dès vendredi, face à deux nouvelles motions de censure prévues pour le 2 ou 3 février, marquant ainsi la conclusion de quatre mois de débats parlementaires sur le budget. Les précédentes motions de censure, repoussées le 23 janvier, avaient permis l’adoption de la partie « recettes » du texte, bien que celle-ci ait obtenu 269 voix, soit 19 de moins que le seuil requis pour renverser le gouvernement, tandis que le RN et son allié UDR ont reçu 142 voix.
Le PS a choisi de ne pas soutenir la motion de gauche, à l’exception de cinq députés, justifiant cette décision par des « avancées » obtenues après des mois de négociations avec le gouvernement. Le groupe socialiste a mis en avant l’ajout de « huit milliards de recettes de justice fiscale en plus » et « 12 milliards de pouvoir d’achat supplémentaires » par rapport à la version initiale du texte.
Le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a déclaré lundi soir sur LCP que les motions de censure seraient prises « très au sérieux, avec beaucoup d’humilité et de responsabilité », tout en jugeant « cohérent » qu’elles soient une nouvelle fois rejetées, compte tenu du compromis trouvé sur le texte.
Critiques sur le budget et conséquences politiques
Dans leurs motions, les groupes de gauche critiquent un budget qu’ils estiment « sacrifier une nouvelle fois l’écologie », dénonçant des « coupes budgétaires » d’un « niveau inédit » ainsi qu’un « renoncement démocratique majeur » lié à l’usage du 49.3. Le RN et l’UDR font également état d’un « reniement de la parole » du Premier ministre, arguant qu’un tel budget « ne répond pas à la crise du pouvoir d’achat », et qu’il « ne propose aucune mesure de justice fiscale ni d’économies structurelles », creusant ainsi davantage le déficit.
Selon l’entourage du Premier ministre, ce dernier devrait adopter une posture « assez ferme » face aux motions de censure, signalant que le spectacle offert à l’étranger est préoccupant. Il devrait également souligner l’augmentation des dépenses militaires de 6,7 milliards par rapport à 2025, dans un contexte de turbulences géopolitiques intenses.
Le Premier ministre souhaite clore le chapitre du budget ce vendredi, rejetant toute notion d’« immobilisme » et appelant à « avancer » alors que la campagne présidentielle débute rapidement.