
Suite à la liquidation judiciaire de Brandt en décembre 2025, un total de 36 propositions de reprise ont été soumises. La plupart se concentrent principalement sur les actifs de l’entreprise, sans véritable engagement en faveur de l’emploi. En dépit de l’attrait autour des marques et des stocks, le futur social de ce qui était considéré comme un pionnier de l’électroménager en France demeure extrêmement précaire, rapporte TopTribune.
Brandt : des offres de reprise nombreuses, mais un avenir social très incertain
La décision de liquidation judiciaire de Brandt, prononcée par le tribunal des affaires économiques de Nanterre, a marqué le début d’une période cruciale pour l’ancien leader français du secteur de l’électroménager. Depuis la fin de ses activités, l’entreprise suscite un intérêt considérable : 36 propositions de reprise de ses actifs ont été enregistrées. Cependant, ce chiffre impressionnant cache une réalité inquiétante : peu de projets envisagent de maintenir les emplois des salariés.
Cet état des lieux a été révélé par L’Informé et a reçu une confirmation à travers des documents judiciaires accessibles à l’AFP. Cette situation met en lumière un écart marquant entre l’attrait économique pour les actifs et la vulnérabilité persistante de l’emploi dans l’industrie.
Des marques attractives, une industrie fragilisée
Fondé il y a plus d’un siècle, Brandt a longtemps symbolisé l’excellence de l’industrie française dans le domaine de l’électroménager. Bien que le groupe ait connu des périodes difficiles sur le plan financier, il demeure associé à des marques bien établies qui continuent d’attirer l’attention. Cela explique le grand nombre de candidatures concentrées sur la valorisation des marques, des stocks et de certains brevets.
Divers acteurs du secteur commercial se positionnent pour acquérir ces actifs. Par exemple, le distributeur Fnac Darty a formulé une offre touchant certaines marques et des stocks, tandis que la société de déstockage Noz s’intéresse principalement aux produits disponibles. De plus, le Groupe Fournier, qui possède la marque Mobalpa, est également candidat avec un projet spécifique visant une marque précise au sein du portefeuille.
Cependant, ces propositions témoignent d’un intérêt centré avant tout sur le profit, sans nécessairement inclure une vision de relance industrielle durable sur le territoire.
Quatre offres seulement intègrent des salariés
Parmi les 36 candidatures reçues, seules quatre propositions incluent une mention explicite de reprise de personnel, et cela reste partiel. Brandt comptait environ 700 employés en France au moment de sa liquidation, un chiffre qui est désormais en danger.
Il existe néanmoins quelques projets qui intègrent un aspect social, comme celui présenté par la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, en collaboration avec la région Île-de-France, ayant pour objectif de reprendre un site à Saint-Ouen-l’Aumône tout en conservant des dizaines d’emplois. Un autre projet, porté par l’entrepreneur Stéphane Français à travers une entité dédiée, ambitionne de créer une base de salariés tout en diversifiant les productions au-delà de l’électroménager traditionnel.
Toutefois, ces initiatives s’avèrent marginales par rapport à la majorité des propositions, dont l’axe principal est la valorisation rapide des actifs sans garantie d’engagement envers l’emploi.
Un choix déterminant pour l’avenir du groupe
Le tribunal est désormais chargé d’examiner toutes les propositions et de faire des choix entre des projets allant de la simple acquisition d’actifs à des initiatives plus audacieuses visant à relancer l’entreprise. La question dépasse le seul cas de Brandt : elle soulève des interrogations sur la capacité de l’industrie française à sauvegarder des activités manufacturières face à la concurrence mondiale et aux stratégies de financement des reprises.
La décision que rendra le tribunal conditionnera le sort des offres retenues et définira les conditions dans lesquelles elles seront mises en œuvre. Elle déterminera ainsi le futur de Brandt, tant sur le plan industriel que social.