Biguine, la vache brahmane martiniquaise, élue égérie du Salon de l'agriculture 2026

Biguine, la vache brahmane martiniquaise, élue égérie du Salon de l’agriculture 2026

26.11.2025 18:26
2 min de lecture

Une vache brahmane, dénommée Biguine, a été désignée comme l’égérie du Salon international de l’agriculture, qui se tiendra du 21 février au 1er mars 2026. Cette nouvelle marque une première pour un bovin d’outre-mer, mettant en lumière une race emblématique de la Martinique, rapporte TopTribune.

Une vache qui ressemble à un zébus

Située sur la presqu’île de la Caravelle, l’exploitation bovine du Galion s’étend sur 120 hectares, quelque peu à l’écart des voies principales de La Trinité et du hameau touristique de Tartane. Alors que le troupeau quitte le pré à l’appel des ouvriers agricoles, le directeur de la ferme, André Prosper, fait l’éloge de leurs « longues oreilles » et de leurs « grands yeux entourés de fard ».

Avec leur stature élégante, pelage gris clair et longues cornes, ces vaches ressemblent davantage à des animaux sacrés d’Inde qu’aux classiques bovins européens. Ce sont des brahmanes, une race créée aux États-Unis au XIXe siècle par croisement de zébus indiens et de bétail de boucherie.

Une vache « 4×4 des savanes »

Importée en Martinique au début des années 1950, cette variété rustique a rapidement pris sa place dans l’élevage bovin local. « Cette race est bien spécifique à la Martinique : on l’utilise surtout pour sa résilience et sa rusticité », déclare André Prosper.

Le 26 novembre 2025, le Salon international de l’agriculture a choisi une vache de l’élevage d’André Prosper comme égérie de l’événement. Biguine, née en 2019, a été nommée ainsi en raison de ses mouvements gracieux, rappelant la danse créole. Cette sélection constitue un honneur pour la Martinique, soulignant la fierté des élevages martiniquais et guyanais.

Montrer « ce que les ultramarins savent faire »

« Représentante du patrimoine agricole ultramarin », Biguine sera accompagnée de quatre autres vaches de l’élevage d’André Prosper au Salon, afin de présenter « toute la richesse et la diversité des productions des territoires d’Outre-mer », selon le SIA. « C’est vraiment un sentiment de fierté, car après des décennies de travail, nous avons stabilisé cette race », se réjouit André Prosper, qui est impatient de présenter les capacités des éleveurs martiniquais.

La brahmane s’épanouit en Martinique grâce à une particularité au niveau du cou, où sa peau forme un « fanon » riche en glandes sudoripares, lui permettant de supporter la chaleur, explique l’agriculteur. La population bovine de Martinique est composée à 98% de brahmanes, avec un cheptel total estimé à 15 000 animaux.

400 tonnes produites par an

Cette race, caractérisée par sa frugalité, permet aux éleveurs martiniquais de produire « de la viande avec très peu d’intrants », essentiellement « de l’herbe et de l’eau ». L’industrie locale fournit environ 400 tonnes par an, répondant à 12% de la consommation locale.

Pour optimiser les qualités bouchères de la viande, les animaux destinés à l’abattage sont souvent issus du croisement entre une mère brahmane et un taureau européen. Cette méthode facilite la production tout en maintenant des coûts d’élevage abordables.

L’Union des éleveurs bovins brahman de Martinique veille à la diversité génétique des troupeaux, d’autant plus que, depuis 1992, l’Union européenne n’autorise plus l’importation d’animaux vivants, un défi conséquent pour les éleveurs de cette région.

Cependant, l’espoir demeure. « L’évolution climatique incite même les éleveurs en métropole à se tourner vers des races plus rustiques », estime Sandrine Hayot, qui espère que la présence de Biguine au Salon de l’agriculture suscitera un intérêt accru pour les races brahman.

Avec AFP

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