Est-il encore possible de raconter l’avenir comme une belle histoire ? Le Futuroscope y croit fermement. Depuis son ouverture, il y a 38 ans, ce parc d’attractions consacré aux utopies technologiques aspire à renouer avec son ambition fondatrice tout en s’adaptant aux enjeux contemporains. En effet, le futur s’est progressivement assombri, devenant même pour certains un sujet d’inquiétude, rapporte TopTribune.
C’est pour cette raison que le Futuroscope mise sur ce qui a fait ses preuves ces dernières années : l’immersion. Cependant, il ne s’agit pas seulement d’utiliser des écrans géants ou des sièges vibrants. Les récentes attractions inaugurées, telles que « L’Extraordinaire Voyage », « Objectif Mars », « Chasseurs de tornades » et « Mission Bermudes », prévue pour le 28 juin, illustrent parfaitement cette tendance.
« C’est notre ligne éditoriale »
La dernière attraction, en particulier, incarne un rêve ancien pour le Futuroscope : fusionner une montagne russe – la deuxième du parc après « Objectif Mars » – avec une expérience aquatique. À l’ambition technologique innovante, les concepteurs de « Mission Bermudes » ajoutent un récit minutieusement construit, qui devient la nouvelle signature du parc.
« « C’est un peu notre ligne éditoriale, notre style. Les attractions récentes, chacune racontant une histoire grâce à des personnages incarnés par des acteurs et des décors soignés, permettent une immersion totale dans le récit. Nous allions émotion et technologie pour créer une expérience immersive. » »
Montagnes russes et dérèglement climatique
Le récit au cœur des attractions permet également d’aborder des thématiques contemporaines comme les voyages spatiaux, le dérèglement climatique ou les avancées en physique quantique. « Nous essayons de discuter des grands enjeux de société sans tomber dans l’angoisse. Nous adoptons une perspective positive et humaine, visant à montrer qu’il existe des solutions et à encourager l’action », explique Olivier Héral. Ce dernier précise que, bien qu’ils se considèrent comme un parc de divertissement, il y a certains sujets qu’ils évitent.
En diversifiant ses propositions, le Futuroscope parvient à offrir une vision moins anxiogène. La pédagogie scientifique est conservée dans des formats plus traditionnels, comme son cinéma à écran géant, où le célèbre astronaute évoque l’exploration spatiale tout en traitant des conséquences du dérèglement climatique.
Le concept d’edutainment (éducation + entertainment) semble convenir à la mission du parc, même si Olivier Héral avoue que le terme est un peu maladroit. « Autrefois, on avait des visions futuristes d’une technologie fantastique : voitures volantes, médecine de la vie éternelle… Aujourd’hui, notre rapport à l’avenir est plus raisonné. Nous avons intégré des recherches scientifiques dans nos attractions. Par exemple, pour « Chasseurs de tornade », nous avons travaillé avec des experts de Météo France pour mieux appréhender les phénomènes extrêmes et les solutions pour composer avec un climat perturbé. »
La place de l’humain
La dimension éducative se retrouve majoritairement dans la file d’attente des attractions, tandis qu’une fois à bord, le plaisir et les sensations prennent le relais. C’est également le cas de « Mission Bermudes ». L’introduction, qui peut s’étendre sur plus d’une heure en périodes de forte affluence, permet d’apprendre des notions de géographie et de physique telles que le magnétisme et la mécanique des fluides. Toutefois, une fois en action, les sensations deviennent prioritaires.
Pour faire passer son message en douceur, le Futuroscope utilise également l’incarnation de personnages. Quatre comédiens jouent une intrigue autour de scientifiques disparus dans « Mission Bermudes ». Bien que leur performance ne soit pas révolutionnaire, elle contribue à l’immersion dans l’attraction. De même, le pilote se vantant de « L’extraordinaire voyage » ajoute une touche de caractère à l’expérience, tout comme la romance entre Yannik Mazzilli et Carine Ribert dans « Chasseurs de tornades » qui apporte une profondeur narrative.
Un Futuroscope au futur radieux
Pourtant, même si tous sont conscients qu’un avenir viable nécessitera sans doute une décroissance, le Futuroscope continue de viser le « toujours plus ». La réalisation de « Mission Bermudes » a nécessité un investissement de 25 millions d’euros, s’inscrivant dans un projet de 300 millions d’euros lancé en 2020. En plus des nouvelles attractions, le parc a ouvert des hôtels thématiques et un parc aquatique novateur. Le Futuroscope prévoit de continuer à investir, avec des nouvelles attractions chaque deux ans, notamment dans des bâtiments emblématiques inutilisés jusqu’ici.
« Nous souhaitons diversifier notre offre pour réduire les temps d’attente. Par ailleurs, nous avons attiré un nouveau public d’experts en attractions grâce à nos récentes inaugurations, qui nous ont valu des distinctions internationales. C’est devenu notre motivation », affirme Olivier Héral. Le lancement de « Mission Bermudes » a véritablement congressé une foule d’influenceurs et de passionnés de parcs d’attractions. L’un d’eux a même qualifié le Futuroscope de « parc le plus excitant au monde en ce moment ». Ainsi, après avoir traversé des moments difficiles, le Futuroscope semble désormais évoluer vers un futur palpitant.